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ANDI DERIS AND THE BAD BANKERS (de) - Andi Deris (Sept-2013)


Andi Deris est devenu au fil du temps une légende qu'on ne présente plus. Chanteur attitré du célèbre combo HELLOWEEN depuis de nombreuses années, le bougre n'a jamais dévié d'un iota depuis son arrivé au sein de la citrouille teutonne se permettant de rares escapades hors du gang ! Il faut dire que l'inactivité semble être un mot inconnu au sein de HELLOWEEN ! Pourtant à part ces diverses éclipses pour le plaisir, notre ami après avoir sorti deux albums solo Come In From The Rain en 1997 et Done by Mirrors en 1999 semblait s'être totalement désintéressé de sa carrière hors de son combo fétiche tout du moins jusqu'en 2013 où il a décidé de revenir en force accompagné d'une bande de jeunes musiciens plus doué les uns que les autres qu'il a surnommé THE BAD BANKERS. Tout un programme quand on connaît la profonde aversion de notre hurleur patenté envers le monde de la finance. Si Million-Dollar Haircuts On Ten-Cent Heads n'est pas un véritable album concept au dire de l'intéressé, on en est tout de même pas loin. Le sujet est sérieux puisque Andy s'attaque au monde de la finance et à ses dérives permissives sur une bonne partie de son nouvel opus. Une vraie plaidoirie anti système qui semble lui tenir à cœur, le bougre ayant d'ailleurs déjà abordé le sujet avec HELLOWEEN ! Il faut dire que le lascar est un grand humaniste qui malgré son aversion profonde pour le pouvoir et ses connections avec les banquiers reste confiant dans la race humaine qui selon lui peut encore réagir face à l'adversité et la manipulation ! Une vraie leçon d'optimisme qui devrait faire des émules. N'ayez pas peur si les propos sont sérieux, Million-Dollar Haircuts On Ten-Cent Heads reste un opus d'une redoutable efficacité proposant un Metal mélodique et puissant qui ravira tous les fans d'HELLOWEEN. Devant ce retour solo inattendu, Metal Impact se devait d'en savoir un peu plus sur la genèse de ce projet. Rendez vous était pris avec Andi dans un très bel hôtel Parisien. Rencontre avec un personnage sympathique bourré d'humour et très heureux d'être de retour dans la capitale pour présenter son petit denier Million-Dollar Haircuts On Ten-Cent Heads ; un album qui visiblement lui tient à cœur. Magnéto Andi c'est à toi !!!

Line-up
: Andi Deris (Chant/Guitares), Nico Martin (Guitares), Jezeor Marrero (Basse), Nasim Lopez_Palacios (Batterie)

Discographie : Come In From The Rain (1997), Done By Mirrors (1999), Million-Dollars Haircuts On Ten-Cent Heads (2013)

Traduction/Retranscription : Erick Laulit



Metal-Impact. Bonjour Andi ! La dernière fois que tu étais à Paris c'était en Janvier pour assurer la promotion du dernier HELLOWEEN Straigh Out Of Hell . Quels sont les retours huit mois après sa sortie ?
Andi Deris. C'est incroyable, c'est l'album d'HELLOWEEN qui a eu de tous les temps le plus grand succès. Il a plus de succès que Keeper Of The Seven Keys. On était dans tous les charts du monde, même aux Etats-Unis on est entrés dans le top 80 du Billboard, ce qui est abasourdissant. En Allemagne, on était quatrième des ventes d'albums, au Japon numéro un. En Scandinavie, on est arrivés numéro deux et cinquième ou sixième en Finlande, je crois. C'était inconcevable de prévoir cela car même en France on a été propulsés dans les dix premiers, il me semble.

MI. Vous avez presque réussi aussi en France ! [Rires] ...
Andi. Waouh [Rires] ...

MI. Vous avez donné un concert à l'Olympia le 8 avril 2013, quel souvenir en gardes-tu ?
Andi. Quand j'ai vu la salle de spectacle, pour la première fois, c'était au moment du soundscheck, j'ai vu ce théâtre vide et je me suis dit : "Wow. Ca ressemble à un temple sacré, bien trop propre pour jouer du Heavy Metal !". Car faisant parti de ces gars qui ont toujours joués et jouerons pour toujours à l'Elysée Montmartre, qui était un endroit dément au passage, l'Olympia ressemblait à un lieu où tu dois bien jouer pour y accéder. Voilà à quoi ça ressemblait et j'ai réalisé que c'était un honneur d'y jouer mais je n'étais pas sûr que les gens accepteraient cette salle car elle est si belle, si prestigieuse mais quand nous avons donné notre show tout a été cool. Il y avait tellement de métalleux pour un concert de Metal dans un cadre si unique que c'était vraiment un énorme plaisir ainsi qu'un grand honneur que d'y jouer, indubitablement.

MI. Ensuite trois mois après vous avez joué au Hellfest.
Andi. Oui.

MI. Je suppose que c'est un bon souvenir ?
Andi. Oui, absolument. Le Hellfest est toujours un grand, grand, très grand festival. Heureusement, ce n'est pas la première fois qu'on joue au Hellfest.

MI. Tu fais partie de la famille du Hellfest maintenant.
Andi. Oui, absolument ! [Rires]

MI. J'ai vu que vous avez joué à Rio aussi !
Andi. Oui le Rock In Rio. C'était fantastique.

MI. Y-a-t-il un endroit ou tu rêves de jouer ?
Andi. En fait, le dernier endroit majeur qu'on avait jamais fait était le Rock In Rio auquel on a participé le mois dernier et c'était un honneur également. Finir par jouer dans ce festival te propulse au rang des groupes légendaires qui ont joués là-bas. C'est bon d'avoir ton nom dessus aussi. On a fait Woodstock où on a joué devant 738 000 personnes, je pense qu'il ne reste plus grand-chose auquel participer.

MI. Oui.
Andi. Ce qui ne veut pas dire que je ne n'y jouerais pas à nouveau [Rires] ...

MI. Pourquoi avoir attendu quatorze ans pour enregistrer un nouvel album solo ?
Andi. ...quatorze ans ?

MI. Oui le temps passe vite ! [Rires] ...
Andi. Tu me fais passe pour plus vieux que je ne suis [Rires] ... Non, je crois que le dernier album date de 1999 ou 2000. D'accord, disons treize ans.

MI. On dit treize ans ?
Andi. Treize ans.

MI. Ok, je prends [Rires] ...
Andi. Je me battrais pour chaque année [Rires] ...

MI. Pourquoi as-tu autant attendu pour faire ce troisième opus solo ?
Andi. La réponse à cette question est très simple, j'étais le seul auteur de la plupart des chansons d'HELLOWEEN. Peut-être que vous les mecs, vous rappelez-vous de The Dark Ride ?

MI. Oui bien sur, c'est un excellent album !
Andi. Pour l'album The Dark Ride, j'ai du écrire onze chansons et soudainement je n'ai plus eu autant de titres que ça de disponible que j'appréciais et que je pouvais utiliser. Donc après l'album The Dark Ride, je n'avait plus encore une fois de chansons en réserve car tous les titres étaient enregistrés par HELLOWEEN et ça a pris des années et des années pour obtenir douze bonnes chansons, assez bonnes pour figurer sur un album solo et assez intéressante pour perdurer à jamais dans ma tête. Le problème est que ces morceaux te restent dans le fond du crâne et qu'ils te torturent. Tôt ou tard, tu as la volonté de t'en débarrasser, de les sortir de là car tu ne les oublies jamais. Une bonne chanson te revient sans cesse en tête, encore et encore. Le problème avec les titres que tu peux écouter sur Million-Dollars Haircuts On Ten-Cent Heads c'est qu'elles sont totalement incompatibles avec celles de HELLOWEEN. Crois-moi, avec HELLOWEEN, on a essayé de les réarranger, de les affubler d'une nouvelle sonorité, Bla, Bla, Bla... Ces chansons ne sont pas faites pour les réarrangements. Peu importe le moment où tu essayes d'y insuffler le style d'HELLOWEEN, tu les tues.

MI. Oui, ce sont des titres très personnels ?
Andi. Très personnels, oui.

MI. Certains titres font quand même penser parfois à HELLOWEEN !
Andi. Parfois oui. Tu essayes de l'affilier à HELLOWEEN mais crois-moi on a essayé de les adapté pour le combo. Les gars connaissent et aiment tous les morceaux mais ça n'a jamais été possible d'en faire des titres pour HELLOWEEN.

MI. Tu es accompagné d'un tout nouveau groupe. Ce fut difficile de trouver de bons musiciens pour travailler à tes côtés ?
Andi. Euh... Oui et non ! Je me rappelle que j'ai cherché pendant 3 ans, je recherchais des groupes ou des musiciens qui auraient voulu m'aider car je ne désirais pas, encore une fois être en studio et enregistrer tout tout seul, produire l'ensemble seul c'est emmerdant à mourir, je l'ai déjà fait et je ne voulais pas le refaire deux fois. Après, je me suis dit ok tu dois avoir des musiciens à tes cotés et la seconde envie qui me trottait dans la tête était que je désirais un groupe sachant jouer dans toutes les conditions pour être en mesure de donner des concerts. Tu as donc besoin de quelqu'un qui fasse plus ou moins parti de cette famille du Metal, en gros. Tu dois avoir un groupe déjà rompu à l'art de l'enregistrement car alors ils se sentiront responsables pour assurer des shows dans le futur également. Donc, je voulais avoir un groupe, un vrai. Pas uniquement un projet, Bla, Bla, Bla, je ne voulais surtout pas avoir des types qui joue en studio avec toi et puis sur scène me retrouver avec des autres mecs, ce n'était pas le but.

MI. Tu as travaillé dans ton studio en Espagne ?
Andi. Oui.

MI. Tu as enregistré en Live, avec tous les musiciens ?
Andi. On a essayé autant que faire se peut, avec la batterie, la basse et les guitares. Parfois ca a marché, parfois tu dois enregistrer des petits bouts car quand j'ai travaillé avec les boys... je ne suis pas le meilleur guitariste du monde mais assez bon pour refaire la prise quand je savais l'avoir complètement raté. Donc, pour le studio ça passe comme ça mais parfois j'ai besoin d'un deuxième, troisième, parfois même un quatrième essai. Je suis honnête la dessus. Mais voilà la raison pour laquelle tu es en studio, tu vois car quand je serais sur scène se sera en une seule prise et j'ai quand même besoin de répéter autant que possible. Parfois tu réalises qu'il existe des chansons qui sont trop compliquées pour parvenir à les jouer en entier la première fois, que ce soit en Live ou en studio. Alors là tu dois te dire, comme par exemple pour le titre "Blind", dès que la guitare arrive tu te dis, quel serait le mot juste ? Que ce n'est pas assez cool. Quand tu le joues en une fois c'est trop atypique. Tu dois enregistrer cette partie toute seule pour y apporter la paix et le style. Je n'ai pas été en mesure de la jouer avec le groupe en studio et l'enregistrer. J'ai en fait, à la fin de la journée gardé la batterie et la basse et j'ai réenregistré mes parties de guitares. Donc, parfois ça fonctionne, parfois non.

MI. De quoi traite le morceau "Who Am I"?
Andi. Elle concerne un très bon ami à moi qui, en fait a failli décéder après un accident de voiture. Il est né sur cette ile, il est donc des iles canaries. Et je l'ai revus quand j'ai déménagé là-bas. Il a admis qu'avant son accident de voiture c'était un connard mais lorsqu'il est tombé dans le coma il a frôlé la mort et durant son coma il a eu cette expérience... Certains disent que tu voies toute ta vie défiler comme dans un film. Lui, n'a pas vu toute sa vie défilée, il a eu l'impression d'être confronté à lui-même. Sa théorie, donc est que son cerveau et été comparé à son âme car sa perception était celle d'un reflet dans un miroir mais il m'a dit qu'il ne s'agissait en rien au final de cela. C'était plutôt comme de se parler à soi-même et son autre lui était une personne complètement différente de ce qu'il pensait être. Il y a donc vécu ce retournement de situation car il a réalisé qu'il y avait cet homme qui devais se reconsidérer et il a décidé de ré agencer sa vie d'une autre façon et de changer. C'était très difficile de voir la façon dont il nous a décrit cette expérience mais il n'a jamais été à l'aise avec le fait d'avoir été confronté à lui-même car son autre lui n'était pas satisfait de ce qu'il était. Une situation assez tordue et je me suis dit : "Waouh c'est étrange. Et qui es-tu maintenant ? Es-tu cette personne ou l'ancienne ?" C'était comme : "Qui suis-je ?". Je ne le sais pas. Dure à dire. Probablement un mix entre ce que j'ai appris de mon propre chef et l'autre moi. C'est très profond, très philosophique.

MI. C'est une réflexion sur...
Andi. ...Toi et toi-même. Toi et ta conscience probablement.

MI. Tu as écrit un morceau "Enamoria 1.8" Etait-ce pour ces enfants atteint de Cancer dont tu t'occupes ?
Andi. "Enamoria 1.8"? Non. "Enamoria 1.8" c'est en fait un monde utopique, si tu prends le mot enamor : cela veut dire amour ou aimer si tu en fais un pays cela devient "Enamoria 1.8" comme fantaisie et Fantasia. Non, c'est en relation avec ma croyance que bien que nous sachions qu'il y ait beaucoup, beaucoup de connards parcourant le monde, je crois encore que la majorité du peuple humain est composée de bonnes personnes. Je crois toujours que la plupart des gens choisirait un monde cool, bon et altruiste. Je crois que c'est un monde où il y a une bonne part d'enculé mais que ça va en s'amenuisant. J'espère donc que c'est vraiment comme ça ! [Rires]

MI. Oui. S'agit-il d'un album concept ? Car tu parles ...
Andi. Non !

MI. Non ? [Rires]
Andi. Non ! C'est amusant car...

MI. Je suppose que c'est important pour toi de parler de l'argent ? Mais ce n'est pas un concept bien que tout tourne autour du monde de la finance ?
Andi. Absolument. Car j'avais pour habitude de dire ce qui me passait par la tête et j'ai fait l'erreur de dire à un mec de la presse que ce n'était pas un concept album mais qu'il possédait un concept et depuis on me le demande sans cesse [Rires] ...

MI. [Rires] ... D'accord !
Andi. Mais je n'aimerais pas que l'on pense que c'est un concept album.

MI. Crois-tu réellement que ce sont les personnes travaillant dans les banques ou dans l'industrie financière qui sont responsable de ce qui s'est passe dans le monde et de la crise ?
Andi. Oui, c'est sûr. Ils sont les acteurs principaux qui définissent ce qu'est le but de la vie. On vit dans un système basé sur l'avarice. Un monde où les gens en veulent plus, et plus et encore plus et dès qu'ils l'ont, ils en veulent encore plus et ça continue encore et encore. C'est un système très malade dans lequel on vit. Les gens ne sont plus heureux d'avoir simplement un frigo bien rempli, de voir leurs enfants grandir sainement, de vivre dans une grande maison, d'avoir une belle voiture garée devant leur demeure, ce n'est plus suffisant. Les gens veulent une deuxième, troisième voiture et quand ils l'obtiennent, il faut qu'elles soient encore mieux. Au début c'était les Bmw, maintenant tout le monde veut une Ferrari. Ce que je voulais exprimer à travers cet opus, c'est que l'on vit dans une société très avare. Même quand tu vas à l'hôpital et que le chirurgien te dit qu'il doit t'opérer, tu te dois de te demander s'ils te disent que ton cas nécessite une intervention juste pour faire de l'argent ou parce que tu as réellement besoin d'une opération ? C'est juste une chose perverse qui dirige le monde qui nous mène à ne désirer plus d'argent et plus de pouvoir mais le concret : la vie, vivre quand tu as déjà un frigo rempli, quand tu possèdes déjà une bonne voiture, quand tu vie déjà une belle vie et que tu pourrais profiter du moment, n'est-ce pas ? Et bien tu ne le fais pas.

MI. Tu penses que le monde est aussi sombre que ça ?
Andi. Nous sommes au bord des abysses, vraiment au bord du gouffre comme des Lemmings qui ne réalisent pas qu'ils ne peuvent pas aller plus loin et sautent directement du haut de la falaise. La façon dont fonctionnent les choses actuellement n'est pas saine, c'est agréable et à la fin de l'agréable, c'est encore vivable mais la fin de la vie ne s'avère pas très bonne. On arrive à un point où l'on doit absolument s'attacher à changer les choses. Je ne dis pas de passer sur la réalité, je ne parle pas d'une nouvelle révolution française ou de balancer des bombes pour tuer les terroristes ou peu importe, je ne parle pas du tout de ça. Je parle du fait que nous devrions reconsidérer à quelles extrémités nous désirons mener notre système. Et en ce moment même c'est ce que je ressens et je sais qu'on se doit de le faire d'ores et déjà. Le cas de l'hôpital, par exemple relate à tout le monde ce que je désirais démontrer mais ce n'est pas seulement dans le domaine de la santé public, mais partout ailleurs. Tu dois soudains te demander si c'est réellement vrai ? Est-ce dans leur propre intérêt ? Ou dans mon propre intérêt ? Ou le nôtre ? Pendant que tout est aussi barré et autant dépendant de conglomérats, les questions ne sont plus à présent qu'un moyen d'essayer de comprendre. Mais c'est ce qui n'est pas bon. Je pense vraiment que tout est sur le point d'exploser.

MI. Sur Straigh Out Of Hell d'HELLOWEEN, il y a une chanson qui s'appelle "Nabatea" dans laquelle tu parles d'un monde, d'une culture, d'un peuple qui vit libre et heureux. Tu crois que c'est une utopie ?
Andi. Eh bien, c'est dur à dire. "Nabatea" c'est un monde où ils vivaient déjà dans une démocratie prospère il y a de cela deux mille ou trois mille ans. Ils ont donc déjà accompli leur quête. Qu'ils aient eu ou non des problèmes parasitant leur propre démocratie, ça c'est une autre question. Peut-être avaient ils également leurs soucis alors que pendant ce temps nous notre difficulté est réellement que nous vivons dans une démocratie mais que nous ne possédons pas de véritable droit au vote. C'est pervers et dingue. Tu peux le tourner dans le sens que tu veux mais à la fin de la journée tu n'as pas le droit à la parole à présent car la politique ce n'est pas des parties avec une certaine façon de penser. Les formations politique ne représentent que le pouvoir ou l'opposition. Tout n'est que pouvoir et dès que tu votes parce que tu auras bu les paroles d'une organisation politique et que leurs idées te semblent bonnes, dès que tu auras voté pour eux, ils ne feront rien de ce qu'ils ont promis. Ce que je veux dire c'est que ce n'est pas qu'un vulgaire état des lieux clichés, ce n'est juste que la triste réalité des évènements. Ce sont juste des mots avec lesquels ils t'abreuvent pour être élu et dès qu'ils obtiennent le pouvoir tout est oublié. Alors notre soit disant démocratie n'en est pas une tant que nous n'aurons pas une personne au dehors ou une institution qui serait là pour punir les politiques d'avoir potentiellement menti au peuple, juste parce que nous sommes des votants. Tu ne peux le faire et moi non plus. On ne peut pas se présenter là comme ça et dire : "Oh oui, en ce qui me concerne, je vais produire un nouvel album merci pour le fric et au fait je ne vais pas le produire mais merci tout de même pour l'argent". Eux savent le faire et le font.

MI. [Rires] ... Tu ne peux pas le faire, dans la musique tout du moins car c'est un autre monde !
Andi. Non, aucun d'entre nous ne peut faire ça, on ne peut pas dire : "Oui je viens au boulot merci pour l'argent euh finalement je vais rester à la maison !" [Rires] ...
Ca ne marche pas tu sais ? Ca ne fonctionne pas mais eux dans les hautes sphères le font dans les hautes : que ce soient les directeurs, les banquiers, les politiciens ce sont les temps que nous vivons et il n'y a plus d'honneur à présent. Il n'y a plus comment pourrais-je dire... d'intégrité, ce n'est juste que pour le pouvoir et l'argent. Comment puis-je accéder au pouvoir ? Et comment puis-je avoir plus d'argent. Moi je m'en contre fou. Quelque chose ne va pas, tu vois ?

MI. C'est une sorte de manipulation.
Andi. Oui, ça l'est.

MI. C'est une représentation et après...
Andi. C'est un mensonge permanent, en fait c'est mentir en permanence au monde entier. Personne au dehors ne te diras : "Ok. Le mensonge et la trahison c'est bien". Si tu me mens ou me trahis, tu finiras probablement en prison.

MI. Oui.
Andi. Mais pas eux, personne ne les contraint concrètement à assumer leurs responsabilités.

MI. Ce que tu veux dire, c'est qu'il y aurait plusieurs niveaux en fait. Quand tu fais partie de la crème des politiciens, tu es intouchable d'une certaine manière ?
Andi. Mais cela commence déjà au niveau du management de base où tu trahis et tu mens aux gens. Prend un petit manager, un petit directeur de banque qui vient te voir et te dit : "Oh, regarde cette année, le prix des maisons est de 20% plus élevée que l'année dernière. Donc, si tu veux tu peux bénéficier de 20% d'augmentation sur ton bien" [Rires] ... Et toi tu dis : "Bien, merci." Mais pourquoi fait-il cela ? Parce que c'est un négociant l'entreprise prends 20% d'argent en plus sur ta maison et lui perçoit sa commission. A partir de là, comme nous l'avons tous vu il y a quelques années ça fait boom et le prix de toutes les maisons chutent et toi tu restes avec tes dettes (ndi : Andi fait référence à la Crise des Subprime). Tu possèdes toujours une maison mais qui tout à coup ne vaut plus rien et tu as une tonne de dettes mais lui le directeur de banque il s'en fou parce qu'il aura déjà été rétribué par ses primes.

MI. C'est ce s'est produit aux USA, en fait.
Andi. Ca se produit partout. C'est aussi arrivé en Espagne...

MI. Comment est-ce de travailler en Espagne pour un musicien ?
Andi. On vit heureux sur l'ile de Tenerife, il y a des gens fantastiques, c'est cosmopolite et se sont de sacrés bons ivrognes [Rires] ...

MI. Tu as enregistré cet album dans ...
Andi. J'ai un studio en bas de ma maison.

MI. Quelles étaient tes relations avec tes musiciens ? Quel a été leur attitude avec toi ?
Andi. Au début ça c'est seulement durant les dix, quinze premières minutes, peut-être la première demi-heure ils étaient un peu intimidés. Mais t'es un musicien, la génération n'a plus aucune sorte d'importance, que tu sois de la nouvelle ou de l'ancienne génération. Si c'est un fan de Rock et bien ce n'est qu'un fan de Rock qui parle à un autre fan de Rock et ce que je veux dire c'est que même les gosses qui ont 22/23 ans maintenant ont déjà tout écouté du meilleur aux pires merdes des 60's, 70's, 80's et 90's de toute façon. Donc que je leur parle d'IRON MAIDEN ou de DEEP PURPLE, ils connaissent de toute façon. Ce qui veut dire que ce n'est pas l'époque ou la génération qui est importante. Ce qui est fondamental c'est que nous savons de quoi nous parlons. Quand on parle des anciens combos, il est possible que ce gars de 22 ans en sache plus que moi à leur sujet. Tu vois ce que je veux t'expliquer c'est que Nico le guitariste sur Million-Dollars Haircuts On Ten-Cent Heads, il a grandi en écoutant du Jimmy Hendrix et il n'a que 22 ans.

MI. Est-ce que le fait qu'il soit fan de Hendrix a apporté quelque chose en terme de composition ?
Andi. Cela nous rappelle des souvenirs car je suis vraiment trop jeune pour pouvoir avoir pu être témoin de la carrière de Jimmy Hendrix de son vivant. Donc je sais, plus ou moins ce que c'est pour Nico car j'ai dû apprendre la guitare en écoutant Jimmy Hendrix à peu près de la même façon que lui car il nous avait déjà quitté lorsque j'ai découvert sa musique mais rien que de voir que peu importe la génération à laquelle tu appartiens, les influences sont quasiment les mêmes, c'est très intéressant. Tu vois, ça veut dire que la musique combine complètement les générations car la musique Rock possède quelque chose comme 40/50 ans d'histoire. Et quand tu vois que les nouvelles stars du Rock grandissent différemment mais avec les mêmes merdes avec lesquels on a grandi c'est rassurant. Ils commencent avec déjà les mêmes références que nous. Dès que tu parviens à trouver ton oreille et ton son, tu cherches à savoir d'où cela provient et dès que nous nous posons tous cette question nous partageons alors soudainement dès lors les mêmes bases. C'est automatique et cela est sans doute dû à cette espèce de consentement commun grâce auquel tout devient plus simple. Tu peux juste t'asseoir là avec des gamins qui pourraient être tes enfants et il n'y a pas de : "c'est quoi ça ?" où "Pourquoi c'est comme ça". Ils comprennent parfaitement de quoi je parle et je sais exactement de quoi ils parlent car tous les trois ont grandi pratiquement avec les mêmes formations que moi et j'adore cette idée.

MI. Y a-t-il un ou plusieurs titres qui sont particulièrement important à tes yeux ?
Andi. Du point de vue du message, vraiment c'est "Banker's Delight (DOA)", qui révèle tout de ma vision. Cet enculé de directeur de banque, c'est un idiot d'enfoiré [Rires] ... Personnellement, sinon une chanson très intime du point de vue des paroles c'est "Blind", qui me décrit et je sais que qui que ce soit qui lira les paroles de ce titre s'y retrouvera un peu aussi et s'il te faut une troisième je citerai "Cock".

MI. Pourquoi ?
Andi. Car à chaque fois que je l'écoute : j'ai un grand sourire sur mon visage. C'est un morceau brutal et d'enfoiré [Rires] ... C'est juste ce doigt d'honneur que je fais, tu saisis ? C'est mon coté Metal, je crois...

MI. Vas-tu faire des concerts avec les BAD BANKERS ?
Andi. J'espère. Je l'espère grandement. Maintenant que j'ai un groupe qui m'épaule, ça rend les choses beaucoup plus simples. Je sais que les gars connaissent ce que j'ai fait avec PINK CREAM 69 où HELLOWEEN, d'anciennes merdes que j'ai écrit [Rires] ... Car ce que j'aimerais faire et là ça serait comme la concrétisation d'un rêve, c'est de prendre trois ou quatre titres de PINK CREAM 69, trois ou quatre chansons de HELLOWEEN que j'aurais écrites et quatre ou cinq chansons du nouvel opus. Ce serait une jolie mixture d'une durée d'1 heure, ça pourrait être amusant.

MI. Merci beaucoup, ce fut un immense plaisir vraiment. J'espère te revoir très vite en France...
Andi. Tu me reverras tous les dix mois [Rires] ... Non, je crois que la prochaine fois tu devras patienter 14 mois, un truc comme ça.


Ajouté :  Mardi 18 Mars 2014
Intervieweur :  The Veteran Outlaw
Lien en relation:  Andi Deris Website
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