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MALEMORT (FRA) - Xavier Malemort (Juin-2017)


Venant de la région parisienne, MALEMORT est un véritable ovni sur la scène Metal française ! Difficile de les intégrer aux nombreuses chapelles qui hantent le monde Metallique voire impossible tellement les bougres sont musicalement versatiles. Dans le genre inclassable, on ne fait pas mieux ! Il suffit d'écouter "Cabaret Voltaire" et "Carnaval Cannibal" pour s'en rendre compte ; un choc entre deux mondes. French Romances sorti en 2011 avait été une véritable révélation, nos parisiens avaient d'emblée développé un style unique qui leurs permettaient de se démarquer des productions actuelles. Ajouté à cela un chant en français et des textes ciselés ou la poésie règne en maitre, on n'est pas la loin du de Hubert Felix Thiéfaine version Metal ! Une chose est certaine, vous avez là un cocktail explosif d'une rare efficacité prêt à vous scotcher les neurones pour l'éternité. Il s'en suivra de nombreuses dates en Europe et des prestigieuses premières parties comme UFO ou DEATH ANGEL pour ne citer que quelques pointures. Six longues années auront été nécessaires à la conception de Ball Trap. Un album qui s'avère d'emblée comme une étape importante tant la pépite est une réussite et va bien au-delà des premiers émois de French Romance. Vous l'avez compris, cet opus s'avère indispensable et devrait leur permettre de voguer vers de nouveaux horizons. Il n'en fallait pas plus pour que votre serviteur s'entretienne avec Xavier Malemort, le sympathique et volubile chanteur ! Un entretien fleuve avec un personnage passionnant et passionné ! Magnéto Xavier, c'est à toi !

Line-up
: Xavier Malemort (chant), Sébastien Lafaille (guitare), Sébastien Berné (guitare), Jean Christophe Tassin (basse), Cédric Vicken (batterie)

Discographie : French Romances (2011), Ball Trap (2017)



Metal-Impact. Aujourd'hui, vous êtes en pleine promotion pour la sortie du nouvel album Ball Trap. Comment s'est déroulée la journée ?
Xavier Malemort. Ce n'était pas évident, on a commencé à 10h et on a enchainé jusqu'à maintenant. Mais c'est passionnant parce l'on a trouvé face à nous des passionnés qui avaient envie de parler de certains aspects de la musique de MALEMORT et qui avaient travaillé le sujet. Nous n'avions pas l'impression de raconter des choses un peu banale. On pouvait rentrer dans le vif du sujet et c'était plaisant. Et puis tu constates le gros travail qui a été effectué par toute la presse et les différents médias, c'est impressionnant !

MI. Quel souvenir gardes-tu de votre concert qui a eu lieu le 20 avril 2017 aux côté d'ACYL et 6:33 ?
Xavier. C'était fantastique ! 6:33, ACYL et nous ; on s'appréciait avant le concert car on se connaissait et on avait déjà joué ensemble. On savait qu'on allait passer une bonne soirée mais c'était différent. Il nous semblait que l'affiche était attractive mais il y avait des craintes sur les préventes quelques jours avant. En fait, on a ouvert la soirée à 19h et au bout de deux titres la salle était pleine. C'était une bonne surprise pour tout le monde et les gens ont été très réactifs. Pour MALEMORT, ce qui nous a impressionnés c'est qu'il y a vraiment eu l'effet deuxième album. On s'est retrouvé devant une foule qui ne nous connaissait pas ni d'Eve, ni d'Adam et qui chantait les paroles des chansons. Ca fait un drôle d'effet ! [Rires]

MI. Les textes sont en français, c'est un avantage !
Xavier. Oui et il y avait des tas de gens qui avaient acheté l'album et qui connaissaient nos textes. Tout était réussi dans cette soirée. C'était excellent.

MI. Vous avez aussi joué juste après DIAMOND HEAD au Raimefest, c'est une formation qui vous a inspiré ?
Xavier. Oui, je suis fan de l'histoire du Metal. DIAMOND HEAD, historiquement, c'est le combo qui a eu une influence phénoménale sur METALLICA. C'est un groupe très important. Il y avait quelque chose de très fort de leur succéder. On était en sandwich avec MYRATH, ce qui n'est pas rien.

MI. Vous avez donné beaucoup de concerts après la sortie de French Romances, votre premier opus, est-ce que cela a eu un impact sur la conception de Ball Trap ?
Xavier. Un petit peu mais pas trop dans le sens où on savait ce que l'on devait faire. Notre objectif était de donner beaucoup de concerts pour affermir le nom du groupe et se forger une identité sur scène. On ne voulait pas renoncer à jouer et cela nous a permis de nous entrainer à composer alors que nous étions en phase de concert. Comme les compositions arrivaient au fur et à mesure, on ne s'est pas prié d'essayer les titres sur scène. Une bonne partie des titres de Ball Trap a été joué sur scène avant d'être enregistré. Cela a un avantage énorme car tu peux tester les choses qui fonctionnent bien ou pas, qui te lasse ou existe toujours au bout de trois ou quatre shows. On a pu grâce à ce système faire de gros réajustement, on faisait des démos puis on les jouait live. Lorsque nous en sommes arrivés au stade de l'enregistrement, les titres étaient aboutis, on a eu une préparation optimum. On voulait aussi éviter d'utiliser les bonnes grosses ficèles qui marchent tellement bien en concert et que tu peux recaser facilement dans tes compos. Le problème, c'est que tout le monde les connais et tu peux en arriver à composer des morceaux bateaux. Ils marchent très très bien en live. Mais on écrit avant tout de la musique pour faire de belles chansons. C'est ce que l'on a voulu faire sur ce disque. Ensuite, lorsque c'est beau cela fonctionne sur scène.

MI. Avez-vous écrit beaucoup de titres pour Ball Trap ?
Xavier. Non, j'ai laissé trois quatre morceaux dans les tiroirs mais pas plus. Lorsque je compose, je sens très vite lorsqu'un filon va être stérile. Lorsque tu débutes l'écriture, tu vois si la mélodie va fonctionner et est intéressante. Si tu patines, là tu te dis qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Tu l'enregistres éventuellement pour la garder en mémoire au cas où tu pourrais l'utiliser par la suite. J'exclue très vite une idée si je sens que je ne vais pas avoir un bon refrain et un bon couplet. Je trie toujours le bon grain du mauvais en amont. Il m'est arrivé de terminer trois ou quatre morceaux sans être sûr qu'ils soient assez valables pour figurer l'album.

MI. Pourquoi avoir attendu six ans pour sortir Ball Trap ?
Xavier. Lorsque tu fais tout ça en autoproduction complète et que tu veux donner beaucoup de concerts cela te demande un temps phénoménal parce que tu es ton propre booker, ton propre management. En fait, c'est toi qui fais tout de A à Z. Ce sont des taches qui n'ont rien à voir avec la musique mais qui sont indispensables et qui te prennent un temps fou. De plus, lorsque tu as une vie à coté avec une famille, c'est très compliqué. Et surtout si tu veux faire les choses de manière professionnelle malgré tout. Tu enchaines les concerts car tu sais que c'est important. Il est difficile lorsque tu es dans un esprit show de te poser et de composer. A un moment, il a fallu que l'on se fasse violence et que l'on dise stop, on arrête les concerts. On a eu besoin de composer et de se retrouver un peu. Mais ces quatre ou cinq ans n'ont pas du tout été marqué par des moments d'arrêt. On n'a jamais stoppé mais ce temps peut paraitre long parfois. Notamment pour des formations plus importantes qui ont une infrastructure qui leur permette de s'occuper que de musique. Mais pour des formations comme nous, si tu veux faire les choses bien d'une manière professionnelle en faisant tout par toi-même... Crois-moi les années, tu les vois pas passer.

MI. Le fait d'être en autoproduction est une volonté personnelle ?
Xavier. Non, le premier opus ce n'était pas un choix. A un moment donné, si tu veux faire des choses dans la vie, tu avances de toi-même et tu ne te poses pas de questions. Tu ne peux pas attendre de savoir à quel moment quelqu'un va t'aider parce que finalement la meilleure devise c'est : "Aide toi et le ciel t'aideras". On a foncé tout droit en composant des morceaux qui était totalement en décalage avec le monde du Metal. On se disait que l'on aurait du mal à trouver quelqu'un qui comprenne où on voulait en venir. Ensuite French Romances a été super bien accueilli contrairement à tous les pronostics.

MI. Vous avez été surpris par l'accueil très positif reçu pour French Romances ?
Xavier. Oui, pour ma part, j'ai été totalement surpris. Je connaissais les préjugés qu'il y avait contre la langue française, ce que je peux comprendre. Et puis le mélange musical que l'on proposait nous desservait aussi. La France est actuellement très marquée par le Metal Brutal. On a une scène française excellente mais qui est dans l'extrême. Nous on arrivait avec un truc très mélodique avec un mélange d'un tas d'influences et si tu ajoutes à ça le français ; ça fait beaucoup. Je me disais que l'on pouvait méchamment se faire taper sur les doigts ou alors être totalement ignoré. Je me suis planté mais tant mieux. On voulait faire quelque chose de sincère. Entre le premier et deuxième opus, on a réussi à donner beaucoup de concerts et assurer de belles premières parties. Pour Ball Trap, je pense que l'on aurait pu peut être négocier. Mais on a mis tellement de billes dans l'affaire que finalement les conditions que l'on nous proposait revenaient à capitaliser sur tout ce que l'on avait fait nous sans avoir l'assurance que cela pouvait nous amener plus loin. Ce n'était pas intéressant. La bonne nouvelle c'est que l'on est désormais distribué par Season Of Mist. On va pouvoir trouver Ball Trap partout, c'est une ressorti pour nous. On est heureux de voir que cet album a vraiment plu. J'ai le sentiment qu'il a vraiment une deuxième vie, en tout cas c'est ce que l'on dit autour de moi. La manière dont les gens en parlent cela veut dire que ça ne s'est pas écrasé en six mois. C'est bien que tout arrive maintenant. On commence à avoir des gens qui nous aident, le milieu s'intéresse à nous et à ce que l'on fait. L'année prochaine risque d'être une année charnière pour MALEMORT. Il risque de se passer pas mal de choses.

MI. Le chant en français était une évidence pour toi ?
Xavier. Pendant très longtemps, j'ai chanté en anglais. Ensuite, je suis passé par des phases où j'ai eu envie de voir d'autres horizons musicaux, des choses un peu plus Rock, j'ai même fait de l'acoustique. J'ai aussi appris à chanter en français. J'ai une admiration pour la langue française, c'est une passion. Ensuite, je ne me revoyais plus revenir à l'anglais. J'avais le sentiment que finalement je ne pouvais pas exprimer des choses personnelles. Je voulais faire quelque chose d'un peu poétique. Mais le pire dans une langue qui n'est pas la tienne et que tu ne maitrises pas à fond, c'est illusoire. J'étais arrivé à un moment charnière ou je me disais qu'il fallait que je m'exprime en français puis que j'avais commencé à le faire. Il fallait simplement trouver la formule qui serait la mienne et qui me corresponde pleinement. Et aussi trouver la musique que j'avais envie d'écrire.

MI. Tes textes sont très différents, tu cites souvent Aragon et d'autres poètes. J'ai aussi pensé à Hubert Felix Thiéfaine en lisant ta prose !
Xavier. Oui, mais bien sûr. Tu ne me heurte pas en disant cela ! [Rires] ... Tout est très respectable. C'est marrant, j'en ai parlé récemment avec Hard Force, ils m'ont fait une interview divan avec des questions un peu saugrenue. Ils m'ont demandé de m'exprimer sur mon sentiment par rapport à Thiéfaine et j'ai trouvé que c'était bien visé. Je le prends comme un compliment.

MI. Est-ce que tu passes beaucoup de temps à écrire tes textes ?
Xavier. Ca demande un effort énorme sur le moment mais j'ai besoin de régler cela en une journée. Ca ne veut pas dire que je ne reviens pas dessus après. Il faut que je sois dans l'enthousiasme de la chanson et qu'elle ne soit pas composée depuis très longtemps. Quand j'y suis, je dois être seul et me plonger dedans comme une espèce de transe en même temps qui est maitrisé parce qu'il y a de la technique derrière. Il faut que je travaille d'une traite. Si cela doit me prendre la journée et la nuit, je le ferai mais il faut que ce soit d'un bloc. Ca peut se traduire par des heures d'insatisfaction ou cela n'avance pas d'un pouce et à un moment donné tout se libère. Puis je fais des correctifs à la marge lorsque je chante et j'ajuste le texte. La difficulté supplémentaire que j'ai par rapport à des artistes comme Thiéfaine c'est qu'eux s'expriment sur une musique qui est de la chanson Pop Rock. Elle te permet beaucoup plus de souplesse dans ton phrasé, tu es plus libre. Sur une musique estampillée Metal qui est très rythmique, tu dois travailler à la syllabe. Parfois c'est un motif d'insatisfaction parce qu'il arrive que tu dois faire une croix sur un vers qui te paraissait bon mais parce qu'il ne sonne pas musicalement, il ne convient pas à la phase mélodique que tu veux placer. C'est parfois frustrant mais le jeu en vaut la chandelle. Le français est une langue qui est très difficile à manier sur des phrasés Rock costaud.

MI. Pourquoi avoir appelé cet album Ball Trap ?
Xavier. Il n'y a pas de relation particulière avec le morceau, ce n'est pas une façon de le mettre en lumière. Comme on est dans l'univers des années vingt, on est dans cette explosion d'une décennie qui après la première guerre mondiale cherche à tout prix à s'exprimer artistiquement et à déborder dans le sens de la vie jusqu'à la limite. Derrière tout ça, il va y avoir le rappel à l'ordre dans les années trente avec l'arrivée des bruits de bottes. Il y a une sorte de vol artistique qui va être abattu par le coup de fusil des années 30.

MI. Les années folles est une période qui te fascine ?
Xavier. Oui et il y a de quoi. C'est vertigineux, lorsque tu plonges dedans tu peux découvrir toutes les avant-gardes artistiques qui existaient et qui vont très loin. Paris à cette époque est pour la dernière fois le centre du monde, les américains, l'Europe centrale, tout le monde vient à Paris pour s'encanailler et aussi pour découvrir le monde créatif qui y règne. Il y avait un coté vertigineux, une espèce de soif de la vie. Les gens aimaient vivre et avait cette envie après les ravages de la guerre. Les générations qui avaient échappé à la première guerre mondiale ne supportaient plus cette atmosphère de mausolée permanent d'après-guerre. Ils avaient envie de donner libre cours à leur vie. Les formes artistiques ont explosés, les gens avaient envie de créer et c'est passionnant.

MI. Pourquoi avoir choisi "Cabaret Voltaire" comme single ?
Xavier. Au départ, on avait d'autres idées. C'était compliqué du fait des différents styles que peuvent aborder les morceaux sur cet album. Selon le choix que tu fais-tu annonces une couleur complètement différente. Le deuxième clip qui va sortir a été fait pour "Carnaval Cannibal" qui est un titre beaucoup plus Heavy. On aurait pu commencer par sortir celui-là mais dans ce cas on donnait un signal très Metal à la couleur de l'opus. C'est en partie vrai car il y a des chansons plus Metal mais ça peut être aussi trompeur. Idem pour "Cabaret Voltaire" qui ne reflète pas l'ambiance de tous les morceaux. C'est un casse tète impossible à résoudre. On s'est plutôt demandé ce qui nous faisait plaisir. Sur "Cabaret Voltaire", il y a un côté presque fun, frais, enthousiaste, énergétique, positif. On s'est dit pourquoi pas ? On avait envie de donner ça au public.

MI. Vous avez tourné le clip avec Vincent Lecrocq dans l'esprit d'un film muet, vous aviez envie de recréer cette atmosphère visuelle ?
Xavier. Oui, c'était surtout amusant. C'était la première présentation d'un titre de Ball Trap, on voulait donner la couleur et l'esprit du morceau pour que les fans puissent s'immerger dedans.

MI. Est-ce que jouer comme un acteur est un exercice que tu apprécies ?
Xavier. Oui, mais je ne me trouve pas bon. Mais je m'en fiche je suis chanteur et tant que l'on me demande de chanter c'est parfait. Mais j'ai une grande fascination pour les gens de cinéma. A partir du moment où tu participe à un clip, tu as envie de jouer le jeu. Mais je ne voulais surtout pas d'une vidéo dans le style Metal, j'aimais ça il y a vingt ans dans les années 90 mais maintenant c'est terminé ! [Rires]

MI. Comment est née l'idée de ce scénario du clip ?
Xavier. J'ai eu l'idée de cette histoire, je ne voulais pas illustrer directement la chanson car elle parle du Dadaïsme. Je ne voulais pas reproduire le Cabaret Voltaire qui d'ailleurs n'était pas du tout en France. Je voulais imaginer le personnage du fil conducteur de mon histoire qui s'amuse comme un fou de cette bohème artistique française. Et qui donne un coup de main à chaque fois qu'il le peut à ses copains Dadaïstes qui font des happenings. Les dadaïstes sont les ancêtres des surréalistes, ils faisaient des happenings dans les rues, des cérémonies grotesques. Il y a un film expérimental qui est très connu dans lequel tu as une scène avec un corbillard qui avance suivi de tout un tas de gens très endimanché, ils avancent derrière ce corbillard à cheval. Puis petit à petit le corbillard va de plus en plus vite et les gens sont obligés de courir derrière et perdent complètement leur contenance. Affectés, ils deviennent simplement ridicules. Ils courent de plus en plus vite, ils sortent de Paris et se retrouvent en pleine campagne. Le corbillard s'arrête d'un coup et le cercueil se retrouve projeté dans les airs et atterri directement dans le trou qui a été préparé à cet effet. Ca devient totalement grotesque avec tout un tas d'effet technique de l'époque. C'est un film totalement surréaliste. J'imagine que mon personnage a participé au tournage parce qu'il apprécie ce genre de truc. Lors des parties tournées dans les avenues de Paris il a fait le figurant. La police a de son côté arrêté une majorité des figurants parce que cela faisait un bordel monstre sur les boulevards et que l'équipe de tournage n'avait pas d'autorisation préfectorale. Il se retrouve à devoir donner des explications sur cette affaire. Et, lui, il est un peu provocateur, il aime être insolent parce qu'il est jeune.

MI. Est-ce que au sein de MALEMORT on retrouve ce côté provocateur et surréaliste ?
Xavier. On l'a un petit peu mais malgré nous ! [Rires] ... On est des gentils garçons. Mais on a beau être issu complètement du monde du Metal et passionné par cette musique que l'on a acquise depuis longtemps. On est un peu à la marge. Le nom a circulé et maintenant que l'on fait de la scène, le public commence à savoir qui on est. Mais pendant longtemps je me suis trainé des regards un peu suspicieux voir navrés parce que tout simplement on avait pas l'air assez Metalleux.

MI. Qu'est-ce qui vous a poussé à travailler avec El Mobo qui a notamment tourné avec Ron Thal ?
Xavier. Mobo a masterisé le premier album, c'est comme cela que je l'ai connu. Mais en même temps je connaissais certaines de ses productions. Le batteur (ndi : Aurélien Ouzoulias) qui avait enregistré les parties de french Romances est un batteur pro qui faisait faire tous les mastering de ses groupes là-bas. Il m'avait conseillé d'y aller aussi et tout s'est très bien passé. J'ai découvert son background, je savais qu'il avait travaillé avec des gros combos assez méchants style GOROD qui se situe dans le Metal vénère et il le faisait très bien. Je savais aussi qu'il avait accompagné Ron Thal à la basse. Il a une culture Hard Rock et Rock. Il avait aussi ce versant plus mélodique et j'ai pensé qu'il pouvait allier le meilleur des deux mondes. Nous obtenir une production qui soit puissante tout en sachant que l'on était un peu à part dans ce milieu. Quant à lui, il était ravi de se lancer dans cette aventure. Il a été ultra travailleur et cela lui a fait un bien fou. Il a bossé sur nos titres entre deux productions brutales. Il m'a dit que ça lui a fait une forme de bouffée d'air ! [Rires] ... Il a respecté le fait que l'on voulait une production puissante allié à quelque chose d'organique et de vrai. Je lui ai ramené des parties de batteries qui avaient été enregistré dans un vrai studio d'enregistrement à l'ancienne dans une grande belle salle. Ca permet de créer cette ambiance de salle. On a fait des placements de micros à l'ancienne. Lui de son côté a parfaitement compris que l'on voulait quelque chose qui reste naturel. Lorsqu'il a écouté les prises de son, il m'a dit que pour la batterie il me suivait mais bien plus que ce que je croyais. Il a voulu le faire sans clic du tout. Il voulait que ce soit 100% naturel. Il a totalement compris le truc. Cela a été vraiment agréable de travailler avec lui.

MI. L'objectif était d'obtenir un son naturel sans l'usage de système comme Pro Tool ?
Xavier. Nous on fait attention à ça. On est issus des années 90. C'est une époque où on a commencé à faire des productions hyper solide au niveau du son mais avant l'arrivée du numérique à tous les étages. On a fait la batterie sans trigger. Pour tout ce qui est prise de guitare, il n'y absolument pas de copier-coller. On a joué à chaque fois toutes les parties. Lorsque tu utilises ce système, tu obtiens des choses extrêmement monotones. Dans un premier temps l'oreille humaine ne s'en rend pas compte mais cela rend l'album fatiguant. D'un couplet à l'autre on a joué toutes les guitares donc la terminaison juste avant le refrain est différente à chaque fois. Tout ça n'est pas perceptible dans un premier temps mais cela ne fait que six mois que Ball Trap est sorti et les fans nous disent qu'ils découvrent de nouveaux détails à chaque écoute. C'est très important. Enregistrer un disque n'est pas un acte anodin sauf si tu fais ça n'importe comment dans ce cas tu peux en sortir à la pelle. Mais si tu le fais pour de vrai, cela à un coût, il y a une dépense d'énergie énorme. Autant faire quelque chose qui soit vrai et qui tienne le coup avec le temps.

MI. Pour toi, les formations actuelles recherchent avant tout la facilité ?
Xavier. Oui, c'est une certitude. Je suis impressionné de voir à quel point même des combos d'un certain niveau se passe parfois d'enregistrement de batterie et font de la programmation. Avec ce système, tu programmes toutes les parties de batterie et tu as un son en apparence béton mais le même que tout le monde. Ca te permet de ne pas passer par la case studio et tu évites un poste de dépense. Il y a aussi ceux qui vont en studio et qui enregistre une vraie batterie mais de manière imparfaite car ils se foutent complètement des placements des micros. Ce qu'ils recherchent avant tout c'est d'avoir le signal. Ensuite, ils triggent tout avec des sons préenregistrés. C'est le genre de pratique qui se fait de manière ultra massive et ça explique aussi le nombre de sorties et de productions. Cela tue complètement la créativité et c'est dommage.

MI. Vous avez ouvert pour UFO, une vraie légende. Je suppose que ça dû être un grand moment !
Xavier. Oui, c'était un grand moment mais un peu paradoxal. Les musiciens de UFO ne sont pas tout jeune. Du coup, tu ne les vois ni avant ni après, ils sont fatigués. C'est très curieux. Pour moi UFO c'est le titre "Rock Bottom" que j'avais entendu sur une copie cassette à l'époque, j'avais trouvé ça génial. Par contre sur scène, ils font le boulot et en tant que groupe c'est un moment important. Mais tu aimerais échanger. Il y a des formations avec lesquelles on a réellement communiqué. Lorsque l'on a ouvert pour DEATH ANGEL, ils sont venus voir notre set. Le chanteur et le guitariste nous ont parlé de ce qu'ils avaient aimé après leur show. Deux heures de concert où ils ont tout déchiré. C'est quelque chose que tu ne peux pas attendre de grands musiciens qui prennent de l'âge. Mais ils sont toujours sur les routes alors qu'ils ont autour de soixante-dix ans. Il y a un côté très étrange et un peu irréel. C'est comme pour DIAMOND HEAD, si on m'avait dit qu'un jour on croiserait leur route. C'est un peu une espèce de légende mais dans l'histoire du Rock.

MI. Est-ce qu'il y a des formations pour qui tu aimerais ouvrir ?
Xavier. Je ne sais pas. C'est surprenant parce que finalement tu ne sais jamais à l'avance comment cela va se passer. Ca dépend aussi beaucoup du contact humain. J'ai des amis musiciens qui m'ont raconté avoir eu de mauvaises expérience avec des formations qu'ils admiraient au plus haut point pour lesquelles ils ouvraient et dont ils trouvaient l'attitude détestable. Tu assistes parfois à des trucs que tu n'aurais jamais voulu voir et ça leur a brisé le mythe. Je préfère être surpris. Parfois il y a des choses étonnantes, on avait ouvert pour PRO PAIN, c'est un combo de Punk Hardcore américain. Ce n'est pas ce que j'écoute habituellement mais les gars sur scène défonçaient tout. Et il y a eu un échange musical intense et là j'ai apprécié.

MI. Pour conclure, as-tu quelque chose d'important à rajouter ?
Xavier. Je suis heureux qu'il y ait une ressortie de Ball Trap. C'est important car l'album va avoir une deuxième vie. On va annoncer prochainement de nouvelles dates à partir de septembre et sur 2018. Ca va monter crescendo pendant toute l'année. On commence à avoir des soutiens non négligeables. C'est bien. Je te remercie d'avoir pris tout ce temps pour moi. Lorsque tu échanges sur des passions communes forcément on a envie d'aller plus loin. Je te remercie car l'interview était intéressante. Bonne soirée et au plaisir de te croiser.


Ajouté :  Mercredi 28 Juin 2017
Intervieweur :  The Veteran Outlaw
Lien en relation:  Malemort Website
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