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HAUT&COURT (FRA) - Arnaud (Mars-2013)


Il faisait plutôt frisquet en ce 15 mars 2013. Un temps tristement ensoleillé, à rester emmitouflé chez soi en attendant des températures dignes du printemps approchant. Seulement voilà, Arnaud, charismatique et discret chanteur d’HAUT&COURT était de passage à Strasbourg pour un concert dans la capitale alsacienne le soir même. L’occasion pour moi de prendre un des premiers verres de l’année sur une charmante terrasse de la Petite France et d’aborder avec ce personnage attachant l’actualité d’un groupe qui fait actuellement le buzz. Metal-Impact est ainsi parti à la découverte du Mathcrust instinctif d’HAUT&COURT. Entretien.

Line-up
: Arnaud (chant), Bernard (guitare), Merko (basse et chant), Ravind (batterie)

Discographie : La Vie (EP – 2012)



Metal-Impact. Salut Arnaud, merci tout d’abord de nous accorder un peu de ton temps pour répondre à cette interview. Ma première question est plutôt personnelle. Tu t’appelles Arnaud, n’est-il pas trop difficile de vivre quotidiennement avec un tel prénom ?
Arnaud. Au contraire. En fait, c’est d’origine proto-germanique et ça signifie « aigle gouvernant » donc ça correspond tout à fait à ma personnalité, un gros connard qui veut donner des ordres dans un groupe.

MI. Est-ce que tu peux présenter HAUT&COURT à nos lecteurs et nous expliquer en quoi votre musique mérite un peu de leur attention ?
Arnaud. C’est simple. On est quatre branquignols qui veulent faire un peu de bruit. On a mélangé deux genres qui sont à part. On a une étiquette qu’on est les seuls à utiliser même si ça ne représente pas vraiment ce qu’on fait, à savoir le Mathcrust, un mélange de Mathcore et de Crust. Le Mathcore à la base c’est une musique assez énergique, technique, qui incarne la folie avec des représentants comme THE DILLINGER ESCAPE PLAN ou BOTCH et à côté de ça on le dilue avec du Crust, une espèce de Punk un peu plus malsain, un peu plus rapide ce qui donne sur scène un savant mélange d’énergie, de saleté, de crasse. Tout ce qu’on aime.

MI. Le groupe a donc été fondé en juin 2012, il y a même pas un an et on entend déjà beaucoup de bonnes choses à votre sujet. Est-ce que t’as pas l’impression que les choses évoluent un peu trop vite pour vous ?
Arnaud. Oui et non. On a maintenant fait une petite vague. On a 70 ou 80 chroniques sur nous et j’en ai encore jamais lu de vraiment négatives. D’un côté, on attend beaucoup de nous mais justement on en profite, ça nous motive. On se dit que maintenant ils nous attendent au tournant donc autant travailler à fond, chopper la hargne nécessaire pour continuer. Honnêtement, ça ne va jamais trop vite pour nous…
MI. C’est donc quelque chose de motivant pour vous d’amasser les chroniques positives ?
Arnaud. Tout à fait. Ça fait vraiment plaisir de voir que des gens qui ne nous connaissent pas, des inconnus, estiment notre travail. Pour être franc, on n’était vraiment pas très fiers de notre premier EP et pourtant on a eu de très bons retours. On se dit qu’on a tellement plus à offrir que dans le futur, on va juste tout violer…
MI. Tout quoi ?
Arnaud. (il hésite)… Non rien, oublie.

MI. Est-ce que le relatif franc succès qu’à rencontré La Vie auprès de la presse ne vous met pas trop de pression quant à un futur album ?
Arnaud. Non. On fait ce qu’on aime donc si on se fait lyncher par le public Metal, c’est pas pour être méchant, mais on s’en remettra. C’est cool d’avoir des chroniques et des critiques. On essaie de les aborder de façon constructive, pour pouvoir évoluer. Parmi toutes les chroniques qu’on a reçues, on essaie d’analyser ce que les gens recherchent, ce qu’ils ont bien aimé, de prendre tous les bons points et d’en retirer la substantifique moelle. Ça ne peut que nous aider.

MI. Justement, on va revenir un peu sur La Vie, votre premier EP sorti fin octobre. Là encore, j’ai l’impression que les choses se sont goupillées assez rapidement. Quel était l’objectif principal en sortant cet EP ?
Arnaud. C’est simple. On voulait venir d’emblée avec un produit fini, dans le sens où on arrivait et que tout était prêt ; artwork, EP, on était ok pour tourner. On voulait qu’à partir du moment où on entende parler de nous, on soit prêts à tourner. C’est vraiment ce qu’on veut. Ce qui est essentiel pour nous c’est de faire des concerts, rencontrer des gens, de nouvelles personnes et bouffer des plats locaux (rires). On voulait vraiment que ce soit le plus « pro » possible. On a tous eu d’autres groupes dans le passé, ce qui nous a permis de voir ce qui marchait, ce qui marchait moins, quelles sont les erreurs à ne pas faire. Dans nos autres projets, on se disait parfois « tiens, ça c’est sympa mais on pourrait le garder pour un truc qui nous tiens plus à cœur ». Là maintenant, on a vraiment un groupe qui peut être « sérieux », on peut défendre notre bifteck et y aller à fond. On va tout droit et on ne se pose plus de questions.

MI. Racontes nous comment s’est déroulé la composition, l’enregistrement de cet album ? Avez-vous eu des craintes quant à la réception de cet EP par le public ?
Arnaud. A la base, on avait un mec qui n’écoute pas de Metal. On lui a filé quelques CD en lui disant « écoutes ça et fais nous un truc dans le genre ». Après on a fait deux-trois mois de répètes avant d’entendre parler d’un gars qui a un studio assez sympa, à savoir Jonathan du Kid Studio à Ittenheim il me semble. On est allé visiter et le mec nous a dit qu’il avait un créneau dans deux semaines, du coup on l’a réservé. On a enregistré l’EP en deux jours. En même temps c’est dix minutes de musique (rires). Ensuite on l’a fait masteriser par un ami à moi qui est ingé-son pour CYNIC, THE DILLINGER ESCAPE PLAN, qui bosse pas mal en Suisse et chez qui on va justement jouer demain. Il s’appelle Christophe Noth et il est manager de Fire Ant Music. On a reçu le master et on s’est regardé avec Ravind (ndr : le batteur) en se demandant si on allait vraiment balancer cette daube sur le Net. Puis on l’a fait en se disant qu’on ferait mieux la prochaine fois et le soir même on a été booké pour des concerts sur Paris et Rouen. Le lendemain, y a une maison de disques, Basement Apes Records, qui nous contacte en nous demandant « quand est-ce qu’on vous signe ? ». Je fais « bon, ok, je crois qu’ils nous aiment ». A ce moment on s’est dit qu’on allait commencer par presser ça et garder cet EP comme base pour démarcher des concerts, même si on sent que c’est pas vraiment ce qu’on peut faire de mieux.
MI. Et donc aucune crainte vis-à-vis de la réaction du public ?
Arnaud. Non, on s’en branlait en fait. On fait de la musique pour se faire plaisir avant tout. Après, c’est clair qu’on est toujours réceptifs aux critiques, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Mais honnêtement, non, on ne prétend rien du tout. On veut juste faire de la musique et si elle est bien reçue, on est contents.

MI. J’aimerais revenir sur le titre de l’EP, La Vie. Est-ce que la violence musicale que vous dégagez est justement une sorte de reflet de la vie quotidienne ?
Arnaud. En fait, la vie c’est un mélange de tout, de douceur, de violence…
MI. La vie au sens large ou au sens EP ?
Arnaud. Les deux ! Non, plutôt au sens large. C’est Ravind qui a trouvé ce nom. Il m’a dit « allez viens, on l’appelle La Vie pour déconner ». Je lui ai répondu « bon ok, d’accord ». Comme tu vois il y a une vraie recherche philosophique derrière le nom de cet EP. Ça nous a pris au moins vingt secondes (rires). Honnêtement, notre musique c’est un exutoire, c’est vraiment pour se défouler. On a besoin de violence dans notre vie. On a besoin, à un moment, de se faire violence, de passer outre les normes pour pouvoir vraiment « se sentir en vie ». Nous c’est la musique, d’autres c’est le sport, d’autres c’est… le sexe sale. Voilà, on a tous besoin de ça. On parle du côté un peu plus sombre de la vie dans notre EP.

MI. J’ai réalisé il y a quelques semaines une interview avec Cinghio, guitariste du groupe de Grind italien BUFFALO GRILLZ. Lorsque je lui ai demandé si la vie était belle pour eux, il m’a répondu « la vie n’est jamais belle et on ne fera jamais rien pour la rendre meilleure », musicalement parlant. Est-ce une mentalité que tu partages ou au contraire, est-ce que votre objectif c’est de vous éclater, prendre du plaisir et vous rendre la vie moins monotone ?
Arnaud. Pour nous, ce sera certainement la deuxième proposition. C’est un peu con mais dans ce groupe, il y a énormément d’amour. C’est très très bête à dire dans ce milieu mais on s’adore. On a besoin de vivre, on a besoin d’amour, de s’éclater. On sait que c’est avec ce groupe qu’on fera le plus d’expériences folles. C’est avec ça qu’on va voyager, qu’on va rencontrer plus de gens. On va provoquer beaucoup de belles expériences. On a besoin de ça. Après, c’est clair qu’on sera toujours pessimiste à côté, on va toujours geindre dans nos micros mais non, on aime la vie et on va en profiter un maximum…
MI. Donc rien de pessimiste dans votre musique ?
Arnaud. Non, non. On veut s’amuser. On fera les émos une autre fois.

MI. Comment définirais-tu votre musique ? Je sais que vous avez employé le terme « Mathcrust » qui pour moi ne veut pas dire grand-chose. Est-ce que c’était pas juste histoire de mettre une étiquette dessus parce qu’au fond, ça se rapproche plus du Grind, même si on trouve effectivement des nuances Math et Crust ?
Arnaud. C’était un peu ça. Tout le monde nous caractérise comme du Grind mais d’un autre côté, c’est juste l’énergie du Grind mais pas vraiment son « âme ». Autant le Grind j’adore, c’est festif, mais je me verrais mal en écouter. Faut vraiment que ce soit sur l’instant. On est quand même beaucoup plus techniques. On a des sections temporelles de malades parce que j’ai des musiciens qui sont juste tarés. C’est un peu plus... je ne vais pas dire travaillé parce que ce serait méchant de dire ça mais on se rapproche d’autres genres. On fait un peu pot-pourri d’autres genres, plus techniques. C’est juste pour se la péter, c’est tout. Après, c’est vrai que l’étiquette du Mathcrust ne nous colle pas si bien à la peau, mais on s’est dit que ça allait faire le buzz…
MI. C’est donc pour une simple histoire de buzz ?
Arnaud. Pas tant que ça à la base. Maintenant qu’on voit que ça marche, on se dit « pourquoi pas ? » mais au fond, on ne réfléchit pas non plus trop à ça. On n’est pas assez malins pour ça.

MI. Vous employez également le terme de « viol auditif » et pourtant, beaucoup de gens sont consentants en écoutant ce style musical. Du coup, le terme « viol » n’est-il pas devenu un abus de langage ? Comment tu défendrais cette expression que vous avez lancée ?
Arnaud. (Rires). Le viol fait aussi partie parfois d’un désir, de certains fantasmes. Donc on se dit « pourquoi pas ? ». C’est vrai que c’était plus une blague qu’autre chose mais entre nous, on veut vraiment faire une musique qui soit radicale. On cherche vraiment à se radicaliser, à faire une musique qui soit efficace. Même si on a vraiment des passages qui sont « easy-listening », on essaie de se radicaliser et de faire la musique la plus brute possible.
MI. C’est donc dans cette logique que vous défendez le terme « viol » ?
Arnaud. Voilà, exactement. C’est clair qu’on ne va pas toucher un large public mais ce public, dès qu’il nous écoutera, on sait au moins qu’il va apprécier.

MI. Je vais maintenant te proposer un droit de suite vis-à-vis de la chronique que j’avais faite de « La Vie » il y a quelques mois. Je te laisse la relire et après tu pourras me dire quelles sont les choses avec lesquelles tu es d’accord, pas d’accord et celles que tu aimerais rajouter ?
Arnaud. Déjà je ne suis pas d’accord. 7/10 c’est un scandale. On méritait au moins 11 bande d’enfoirés (rires). Non, sérieusement c’est très bien écrit. Ça fait plaisir de lire des chroniqueurs qui s’amusent à… titiller le vers, enfin bref (rires). Les références nous font vraiment plaisir. THE SECRET on écoute pas mal. GAZA, THE DILLINGER ESCAPE PLAN sont juste énormes. ION DISSONNANCE aussi. Ces références nous touchent. On voulait faire une musique qui soit « riche », qui touche à différents genres, différents groupes. On est très contents que tu aies repéré ça. On ne voulait pas d’un projet plat, déjà entendu quinze fois. C’est bien sympa de se faire plaisir mais dans ce cas on reste chez soi, on ne sortirait pas, on ne ferait pas tourner. Ce serait simplement pour s’amuser dans une cave. Là on voulait vraiment voyager, faire évoluer les choses même si on est dans une scène Chaotic Hardcore qui est déjà pas mal bouchée. Donc on est contents, on a déjà un petit truc qui nous fait dire qu’on va continuer. Ensuite, que dire d’autre ? « L’apologie d’un bruitisme intelligent », c’est sympa. J’ai des musiciens qui sont excellents. Mon batteur a 17 ans d’expérience, mon guitariste veut en faire son métier. Techniquement, on va dire que c’est assez léché donc on est satisfaits que ce ne soit pas seulement vu comme du bruit. Je lis « tas de merde », ça j’aime beaucoup, ça colle très bien à notre groupe (rires). Après, je lis « La Vie ne véhicule pas de belles valeurs »… En fait, oui et non. C’est très con à dire mais on essaie d’avoir un petit message d’espoir. Dans le sens où, ok, y a certaines situations mais on peut toujours les faire évoluer, on peut toujours se battre pour. Là, on se rapproche quelque part des valeurs du Hardcore. Tu peux toujours améliorer ta vie. Tu peux toujours en profiter. Par exemple, « Krokodil » parle de l’addiction, dans le sens où on peut toujours luter contre ça… enfin tout est relatif. « Let It Burst », c’est par rapport au fait qu’il ne faut pas de révolution mais une évolution. Ce sont des petites choses qui vont faire qu’on va évoluer et qu’on va commencer à faire bouger les choses. Ça passe par le partage, la culture… C’est souvent de la philosophie de comptoir. Ce sont des valeurs qui nous tiennent à cœur. Il faut toujours relativiser parce qu’on a énormément de chance, on a énormément de capacités et il faut en profiter le plus possible. On essaie quand même d’avoir un message assez constructif même si personne n’écoute (rires). Et sinon la référence à Sénèque, c’est super beau gosse, ça j’avoue, bravo !

MI. Vous avez eu beaucoup de retours positifs de la part des pays étrangers, au Portugal, en Angleterre, en Italie, en Pologne et même en Russie ou en Australie. Est-il plus facile de s’exporter que de percer en France ? Comment tu expliques cet engouement qui devient international ?
Arnaud. On ne va pas se la péter, mais on est passé à la radio sur tous les continents. C’est trop cool. Ma grand-mère est super fan (rires). Honnêtement, la scène française, musicalement parlant, elle est excellente. On a de très bons groupes. Après, je veux pas être méchant, mais au niveau du public, on a tellement de choses que les spectateurs sont un peu blasés. Quand on fait des concerts, ils croisent les bras, nous regardent et nous critiquent. Et franchement, je fais pareil. Je suis le premier connard à regarder droit devant sans rien faire. Quand on va en Allemagne, quand on va en Suisse, les gens viennent pour faire la fête et s’amuser. Limite, je préfère qu’on s’exporte parce que c’est vraiment le voyage qu’on recherche. Rencontrer d’autres gens, d’autres publics. En France, on a peut-être une petite « concurrence » mais on a aussi été très bien accueillis, souvent par des gens adorables qui veulent surtout nous aider en nous diffusant le plus possible. On n’a pas à se plaindre. On a eu beaucoup plus de chroniques françaises et ce sont toujours des gens avec qui on a parlé par la suite, avec lesquels on est resté en contact et qui sont adorables. On ne peut pas se plaindre, ça bouge quand même pas mal et on a une belle scène française.

MI. Vous avez accueilli récemment un nouveau membre dans le groupe en la personne de Merko. Peux-tu nous présenter le personnage et nous expliquer ce qu’il va apporter au groupe ?
Arnaud. Alors Merko, déjà, c’est l’aïeul du groupe. Il a 26 ans alors que les autres en ont 23. C’est un vieux. Enfin un vieux con, pardon. En fait, il était dans THE PLEDGE OF CAIN avec Ravind, un groupe assez connu dans la scène Doom / Sludge. Ils ont déjà fait une tournée américaine. Il a un énorme bagage et humainement, ça collait parfaitement. C’est simple, avant d’avoir Merko, je sentais qu’on n’était pas vraiment à la hauteur. Toutes les chroniques qui venaient, certes elles étaient bien, mais on n’arrivait pas à répondre en faisant avancer les choses. Quand Merko est venu, on s’est dit que maintenant on pouvait rentrer dans la cour des grands, bosser comme des porcs, avoir un son qui va être le notre. Il nous a apporté beaucoup. Niveau musical, il nous a aidé à travailler notre son. Il a été un second élan et je suis vraiment excessivement content qu’il soit là car c’est grâce à lui, je pense, qu’on va vraiment être à la hauteur des attentes de certaines personnes.

MI. Avez-vous pour ambition de vous faire signer le plus rapidement possible sur un label ou au contraire, la priorité va pour le moment à la scène ?
Arnaud. On a eu pas mal de propositions de labels mais c’est pas ce qu’on recherche en premier. Toutes ces propositions étaient seulement pour un premier album donc là on va se focaliser sur la composition, sur les concerts. Autant ça a été rapide pour l’EP, autant il faut qu’à côté, maintenant, on se construise, on se fortifie. On a encore beaucoup de travail à faire. Il faut commencer par ce travail là, faire des concerts pour s’amuser et on verra après pour les labels. On a déjà de bons contacts avec des gens qui sont adorables. Je pense qu’on va collaborer avec eux et à ce moment, on fera un vrai bel objet, un beau CD, des vinyles, des cassettes, des ceintures Hello Kitty. On va se faire plaisir. Mais pour l’instant, priorité au travail et aux concerts. Le reste viendra après.

MI. Niveau tournée, vous allez vous produire entre mars et avril sur une demi-douzaine de dates entre la France, l’Allemagne et la Suisse. Est-ce que c’est le premier vrai gros test pour HAUT&COURT ? Qu’est ce que vous attendez de ces dates ?
Arnaud. Un test, quelque part oui. Enfin c’est plutôt pour se rôder, même si on a tous déjà un peu d’expérience niveau scène. On veut surtout rencontrer des gens, se faire un peu plus connaître et bouffer gratos. On veut faire le plus de dates possibles comme ça quand on bookera une vraie tournée, on sera rôdés pour supporter les concerts successifs et les voyages.

MI. A titre personnel, tu as déjà voyagé et notamment en Chine. Que peux-tu nous dire de la mentalité de ce pays au sujet du Metal ? Serait-il envisageable pour un groupe comme HAUT&COURT d’y jouer et même de s’y faire un nom ?
Arnaud. Déjà, c’est prévu d’y jouer. S’y faire un nom, j’ai commencé parce que j’ai des amis là-bas qui ont des groupes et qui ont commencé à diffuser un peu notre musique. Après, le Metal chinois en soi est très jeune même s’ils écoutaient déjà du Metal dans les années 80. J’ai rencontré des amoureux du Metal là-bas qui m’ont raconté leurs histoires. A l’époque, il fallait qu’ils fassent de la contrefaçon de cassettes. La cassette passait à la douane, les douaniers choppaient les paquets et les détruisaient à la scie circulaire. Et en fait, le fond du paquet n’était pas coupé. Du coup, sur un paquet de 100 cassettes, y’en a 3 qui marchaient encore et ils achetaient ça à un prix faramineux pour écouter du MEGADETH ou du METALLICA. Leurs gouts là-bas sont assez « mainstream » pour nous. Ils ont une scène peu développée, ils se bornent aux gros noms. C’est pour ça que les groupes de Metal chinois ressemblent tous à ce qu’on connaît déjà chez nous. Mais ce n’est que le début, ça commence à s’émanciper et petit à petit, ça va s’affiner. J’ai un ami qui tient un label, Kaotoxin Records, et il commence à vendre des CD de Grind là-bas. La Chine commence à s’intéresser à ça. On ne va jamais s’y faire un nom, c’est certain, mais je veux absolument y tourner et je vais tout faire pour qu’on puisse y faire une tournée dans les années à venir. Par exemple, THE OCEAN l’a déjà fait donc je me dis, « si eux l’ont fait, pourquoi pas nous ? ». Quoique, après, eux sont super connus et pas nous mais ça c’est du détail (rires). On va se faire plaisir. Honnêtement, je pense qu’il y a des gens qui sont prêts à venir nous voir en concert là-bas et on va aller les rencontrer ces gens là.

MI. Quels sont les groupes desquels vous vous sentez proches musicalement et ceux avec qui vous rêveriez de jouer ?
Arnaud. C’est simple, on va commencer par NESSERIA, un groupe français qu’on écoute depuis des années. On va jouer pour eux en avril donc on est vraiment contents. On a vu qu’ils passaient à Strasbourg et on a harcelé le promoteur pour jouer avec eux. On ne va pas faire la fine bouche, on écoute énormément de groupes dans différents styles donc on sera toujours très contents de côtoyer la scène française. Je sais qu’on doit absolument jouer avec VERDUN parce qu’il faut absolument qu’on fasse une grosse after après. Y a tellement de groupes qui nous inspirent, qui nous motivent qu’on va essayer de faire le plus de concerts possibles pour pouvoir rencontrer le plus de monde possible.
MI. Y a que NESSERIA et VERDUN qui vous font rêver ?
Arnaud. Non, non, y’en a plein ! Y’aurait MORGUE, y’aurait… je ne peux même pas tous les citer parce qu’il y a tellement de groupes français qui sont cools… Après à l’étranger, y’en a aussi énormément. C’est ça aussi notre problème. Dès qu’on nous parle d’influences, on a tellement de groupes qui nous viennent en tête qu’on ne va pas commencer à déblatérer là dessus.

MI. Est-ce que tu peux nous dire un mot sur la scène strasbourgeoise et alsacienne ? Quels sont les groupes avec lesquels vous copinez ? Ressens-tu une forme de concurrence vis-à-vis de ces différents groupes ?
Arnaud. Bah non. En fait on est copains. On est en très bons termes avec quasiment tous les groupes du coin. Même si c’est vrai qu’il y a une petite concurrence à la con mais c’est des gamineries. Genre on aime bien regarder leurs pages Facebook et dire « ils ont plus de likes que nous, quel bande d’enculés ». C’est ridicule et on se limite à ça. Ça reste de supers copains. Ils organisent des concerts pour nous, on veut organiser des concerts pour eux et on le fera. Par exemple y a SPITBACK qui a déjà fait un concert pour nous. On adore RATBOMB. On aimerait bien partager la scène avec eux un jour. Ce sont de très bons amis, on se connaît tous de longue date. Honnêtement, oui, il y a une petite concurrence mais le fait est qu’il y a d’un côté les groupes qui restent dans leur coin et de l’autre, les groupes qui veulent avancer. Ceux-là, ils ne regardent pas derrière, ils avancent. On est vraiment contents parce que dès qu’on voit qu’un groupe marche, on pense que si ça marche pour eux, ça marchera pour nous. Si on peut les aider, eux nous aideront aussi. Y a toujours de petites rivalités à la con mais ça c’est rigolo. Ça partie du jeu. C’est comme Booba tu vois ? Faut qu’on rentre dans le « crustgame ». Voilà. Faut qu’on s’impose. On est là pour tout niquer. Wesh. T’inquiète (rires).

MI. Si tu avais une boule de cristal et que je te demandais où en sera HAUT&COURT d’ici cinq ans, que me répondrais-tu ?
Arnaud. Alors c’est simple. Le bassiste et moi, on sera en centre spécialisé pour notre sixième cure de désintox. Ravind, notre batteur, sera marié. Bernard, je ne sais pas. Il sera toujours étudiant je pense. Non sérieusement, j’espère qu’on aura trouvé notre rythme. Qu’on aura une petite notoriété qui nous permettra de faire de beaux concerts le week-end et puis après, avoir une activité normale à côté. Pour le moment, la musique c’est tout pour nous mais arrivera forcément un moment où il faudra se calmer. J’espère qu’on sera rôdé pour se dire « bon, maintenant on se prend des vacances et on fait une belle tournée, on part à l’étranger certains week-ends supporter des groupes qui nous tiennent à cœur ». On ne sera jamais super célèbres. C’est juste impossible avec nous. Je veux quand même qu’on atteigne un petit niveau qui nous permette de faire de belles salles, de belles dates, de beaux voyages et de belles rencontres.

MI. Pour finir, tu n’es pas sans savoir qu’un nouveau pape a été élu cette semaine. Si tu étais élu pape à sa place, quelles seraient les premières réformes que tu ferais passer et les premiers mots que tu aurais pour ton Eglise ?
Arnaud. Y a une énorme réforme à faire au niveau de l’Eglise. Ils ont énormément de richesses. Il y a énormément de pauvreté. Il serait temps de redistribuer ça. Je ne veux pas être méchant envers les Italiens, mais le Vatican est une vraie mafia. Il faut commencer par faire tomber les têtes, faire tomber ce système pour que ce ne soit plus la banque des mafias, ce qui est impossible. Je me ferais shooter au bout de deux heures de règne. Ce qui m’a fait plaisir, c’est que le pape actuel a montré des petits signes par rapport à ça. Je pense qu’il va être un peu plus humble que les précédents et peut-être qu’ils vont redistribuer ces fameuses richesses. Je n’ai rien contre le christianisme. Il faut qu’on croie en des valeurs. C’est humain de croire en quelque chose donc on aura toujours besoin de l’Eglise. Mais il faut que ça soit fait différemment. Là, c’est juste de la mafia, du show-business et point barre. C’est du folklore pour moi. La chose la plus importante, c’est la redistribution des richesses parce qu’ils ont un patrimoine énorme. Rien que par exemple, le mariage interdit aux prêtres, c’est simplement pour que les enfants n’héritent pas par après des biens de l’Eglise. C’est aussi bête que ça. C’est une mafia depuis le Moyen-âge et il est temps que ça cesse parce que ça brasse des trilliards d’euros et il serait temps que ça parte maintenant chez les fameux pauvres qu’ils défendent à cor et à cri.

MI. On arrive au terme de cette interview. Merci Arnaud pour ta disponibilité, on souhaite beaucoup de bonnes choses à HAUT&COURT. Le top serait de se refaire une interview dans quelques années mais au Hellfest. En attendant je te laisse le mot de la fin.
Arnaud. Merci à tous d’avoir lu jusqu’à la fin cette interview. Merci à toi Stef d’avoir pris le temps de nous écouter… enfin de m’écouter plutôt, ça fait plus égocentrique. Et comme dirait le célèbre philosophe Elie Yaffa, « la puissance ne respecte que la puissance gros ». Merci !


Ajouté :  Mercredi 03 Avril 2013
Intervieweur :  Stef.
Lien en relation:  Haut&Court Website
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