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GOJIRA (FRA) - Mario Duplantier et Jean-Michel Labadie (Sept-2008)


Est-il encore nécessaire de présenter GOJIRA ? Après avoir convaincu la France entière avec trois albums brillants, novateurs et inspirés, portés par des concerts d’une intensité rare et un message original et cohérent, les quatre landais sont récemment partis à la conquête de l’Amérique où ils ont remporté tous les suffrages et rallié un nouveau public.
La sortie du quatrième album, « The Way Of All Flesh » se place donc à un moment clé dans l’actualité du groupe qui a vu sa carrière exemplaire couronnée par un succès international.
Metal-Impact était convié à leur conférence de presse et à la pré-écoute de cet album fort attendu, mais malheureusement la piètre sonorisation de la salle n’a pas permis d’apprécier la nouvelle livraison dans les meilleures conditions.
On retrouve cependant avec plaisir la patte du groupe : des riffs saccadés ultra efficaces, des structures alambiquées, des mélodies singulières, un Joe habité par ses textes et plus expressif que jamais, un Mario tentaculaire au jeu de batterie inspiré, technique et varié.
Le groupe se permet quelques fantaisies notamment sur le très efficace « A sight to behold », mené par un synthétiseur et une voix passée au vocoder.
« Adoration for none » a déjà fait couler beaucoup d’encre car il voit la première apparition d’un guest chez GOJIRA, en la personne de Randy Blythe de LAMB OF GOD. Ce choix a beau être plus amical qu’artistique, la collaboration a porté ses fruits et le morceau est très convaincant.
Mais « The Art of Dying » est sans conteste le morceau qui se distingue le plus, véritable pièce maîtresse de près de dix minutes où se confondent bambous, mantra tibétain et riffs de guitare hypnotiques.
Le tempo est globalement moins rapide que par le passé, le groupe donne l’impression d’avoir franchi une nouvelle étape dans la maturation de leur musique qui nous apparaît sous un nouveau jour : moins fougueuse, plus posée, plus réfléchie, plus mélodique aussi. On retrouve cependant des chansons diablement efficaces telles que « Toxic garbage island », « All the tears » ou « The way of all flesh », futurs brûlots propres à déchaîner les foules en live.
On ressort de cette écoute secoué, ému et surtout impatient de redécouvrir l’album lors de sa sortie pour en comprendre toutes les subtilités et l’aspect conceptuel. Car l’expérience d’un album de GOJIRA ne saurait être complète sans l’artwork et les paroles qui font partie intégrante de la création artistique du groupe. « C’est comme si on proposait un package », résume Mario. « Le titre de l’album et les paroles font directement référence à la mort », explique Joe. « A travers la notion de mort de toutes choses, il y a aussi une réflexion sur la vie. C’est un sujet très commun dans le Metal, mais on n’avait jamais abordé un sujet aussi sombre dans GOJIRA ».
Même si les conditions d’écoute n’ont pas permis d’apprécier la production de l’album à sa juste valeur, le groupe, plus perfectionniste que jamais, a vu les choses en grand. Les guitares, la basse et le chant ont été enregistrés dans leur propre studio, alors que les prises batterie, le mixage et le mastering ont été réalisés aux USA par Logan Mader (NDR : ancien guitariste de MACHINE HEAD aujourd’hui producteur). « C’est intéressant d’avoir une oreille extérieure sur notre musique. Ca nous a fait beaucoup de bien de prendre du recul par rapport à toutes les étapes de l’enregistrement. »
Quand on évoque le succès du groupe toujours grandissant, les quatre musiciens échangent des sourires gênés et Christian prend la parole : « C’est vrai que c’est chouette... (rires) » et Joe reprend : « On est surtout au bon endroit au bon moment. On travaille comme des fous et je pense que quand on bosse et qu’on essaie d’être intelligents par rapport à nos choix, ça finit par payer […]. Il y a aussi une sorte d’aura autour du groupe qui nous dépasse un peu. »
La conférence se poursuit pendant près d’une heure et demie dans la bonne humeur sans que le groupe montre aucun signe de lassitude, je ne peux donc que m’incliner bien bas devant ces quatre messieurs talentueux, humbles, terre-à-terre, drôles, et à l’amabilité intacte après des jours et des jours de promotion fastidieuse.
A l’heure des Nouvelles Stars et autres TOKIO HOTEL, une réussite aussi méritée et une attitude aussi saine devraient forcer l’admiration et redonner espoir à de nombreux groupes qui peinent à se faire connaître.
Vous en apprendrez plus dans cet entretien que Mario et Jean-Michel ont bien voulu nous accorder dans l’intimité de leur cuisine et autour d’un verre de jus d’orange.

Line-up
: Joe Duplantier (guitare, chant), Mario Duplantier (batterie), Chrisitian Andreu (guitare), Jean-Michel Labadie (basse)

Discographie : Terra incognita (Album - 2001), The Link (Album - 2003), The Link Alive (2004), From Mars To Sirius (Album - 2005), The Way Of All Flesh (Album - 2008)



Metal-Impact. Comment décririez-vous ce nouvel album, musicalement parlant, par rapport à son prédécesseur, From Mars to Sirius ?
Jean-Michel Labadie. Je le trouve plus direct, plus franc dans la façon d’articuler la composition…
Mario Duplantier. Moi je dirais que c’est un album plus solide. Au niveau de la production déjà : le son est beaucoup plus léché, plus clair, plus incisif aussi. Les structures sont moins torturées, on passe moins par quarante mille chemins pour dire ce qu’on veut dire. Mais ça reste quand même du GOJIRA, on retrouve les mêmes codes que d’habitude. Il y a quelques audaces qu’on n’aurait pas tentées par le passé, comme sur « The art of dying » par exemple, qui est le morceau central de l’album. Il commence avec des sons de bambous, puis on entre dans une transe très technique avec une batterie un peu folle et des sons de guitare étranges. On a aussi intégré des synthétiseurs, chose qu’on n’avait jamais faite avant, sur la troisième chanson « A sight to behold ». Globalement je dirais que c’est aussi un album plus émotionnel, plus mélancolique, plus sombre, alors que From Mars to Sirius était très onirique. Là il y a des thèmes de guitare qui foutent presque le bad (rires). Mais il y a toujours une demi-mesure, on ne va pas enfoncer l’auditeur, on va toujours relever derrière avec quelque chose qui va emmener vers plus d’espoir.

MI. Ce côté plus franc, plus direct, plus catchy, n’est pas sans rappeler les groupes américains avec lesquels vous avez tourné, notamment MACHINE HEAD ou LaMB OF GOD…
Jean-Michel. En fait on a toujours baigné dans ce son, tous les groupes qui nous ont influencés venaient des Etats-Unis. Et c’est vrai que le fait d’avoir participé à tant de concerts avec des groupes américains nous a fait aimer un principe d’énergie, on retrouvait des choses qui nous faisaient vibrer. Donc je pense que c’est un processus assez inconscient, c’est le fait d’avoir côtoyé ces gens là qui nous a poussés vers quelque chose d’un peu plus direct.

MI. Votre tournée américaine vous a également amenés à collaborer avec Randy Blythe (NDR : chanteur de LAMB OF GOD), est-ce que vous pouvez nous raconter comment s’est déroulée cette collaboration ?
Mario. LAMB OF GOD nous a énormément aidés pour que l’on devienne connus aux Etats-Unis, c’est eux qui nous ont tendu une main, ils parlaient de nous à leurs amis, ils harcelaient les journalistes… Ils ont donc joué un rôle hyper important et je ne sais pas exactement comment ça s’est passé mais on s’est retrouvés à jouer avec eux sur 50 dates de leur tournée. Ils nous ont énormément respectés, énormément soutenus, ils parlaient de nous tout le temps, même pendant leur set, alors qu’ils sont des mégas stars aux Etats-Unis. Il arrivait qu’ils s’arrêtent 5 à 6 fois pendant leur show pour lancer un « Faites du bruit pour GOJIRA ! ». Et puis Randy adore notre musique et il nous a dit : « Les gars j’voudrais venir chanter un de vos morceaux avec vous sur scène », donc tous les soirs il y avait un moment pendant notre set où il montait sur scène avec un micro et il chantait avec nous. Ca rendait la salle hystérique ! Et un jour il nous a dit : « Les gars c’est clair et net sur le prochain album je chante avec vous ! ». Et puis on est rentrés en France et on s’est mis à composer. Joe est resté en relation avec lui parce qu’ils sont très amis, ils partagent beaucoup de convictions, ils sont très proches dans leur vision du monde, leur rapport à la nature, leur côté tribal, etc. Donc Randy nous a rappelés pendant qu’on composait et nous a dit : « Eh les gars vous oubliez pas que je viendrai chanter sur l’album ! » donc on lui a dit : « Ok on t’envoie les bandes et tu t’enregistres dessus depuis chez toi » et il nous a répondu : « Non non, je viens chez vous, prévenez la France que j’arrive ». Il s’est payé un avion, il a débarqué dans le Sud-ouest de la France, il est resté une semaine, ils ont composé les textes ensemble avec Joe, il a chanté, il s’est cassé. Ce morceau là on l’avait déjà composé et on s’est dit que s’il y avait un tire où mettre Randy c’était celui-là, car c’était un titre un peu plus efficace, un peu plus Hardcore, qui lui ressemblait pas mal. On est contents du résultat, artistiquement ce n’est peut-être pas ce qu’on serait allés chercher, il fait un peu office d’ovni dans l’album, mais il est symbolique de ce que LAMB OF GOD a fait pour nous et de toute façon on adore la voix très rauque de Randy. Quand j’écoute le morceau je ne reconnais pas forcément GOJIRA dedans, je l’écoute plutôt comme un titre un peu spécial, comme un bonus qu’on aurait glissé au milieu de l’album. Et il y a sa place je trouve.

MI. Et est-ce que cette collaboration vous a donné envie de renouveler l’expérience des guests sur un prochain album ?
Jean-Michel. Je ne pense pas, on a jamais été portés sur le fait d’avoir des guests sur nos albums, c’est vraiment nos émotions à tous les quatre qui comptent. Il y a des groupes qui sont faits pour ça, alors soit c’est commercial soit c’est par amitié, mais là avec Randy il y a vraiment un truc qui s’est passé, et puis c’était particulier car il s’était proposé et qu’on voulait le remercier. A l’avenir, on sait jamais, mais si on renouvèle l’expérience ce sera spontané et pas prémédité.
Mario. Et puis on n’est pas trop pour les systématismes, c’est pas parce que là ça va faire parler qu’on le refera forcément.

MI. The way of all flesh parle essentiellement de la mort, quels messages avez-vous cherché à transmettre à ce sujet ?
Jean-Michel. En fait l’album ne parle pas que de la mort au sens primaire où on l’entend, la mort d’une personne etc., il y aussi la notion de mort des choses, des états, et l’idée de commencer quelque chose derrière. Globalement la mort est abordée de façon positive, en voyant que quelque chose est là derrière, que c’est un passage obligé vers autre chose. Il y a aussi l’envie de briser un tabou car même si la mort est présente partout dans notre société, autour de nous, ça terrorise les gens, tout le monde évite d’en parler. Donc je pense que dans les textes Joe a voulu parler de tout ça mais sans forcément exprimer toutes ces idées de souffrance et de sang habituelles dans le Metal, là c’est une mort plus poétique on va dire (sourires).
Mario. Oui et c’est une réflexion plutôt humble autour de l’existence, ce qu’on va faire de sa vie, prendre du recul et considérer qu’un jour on va quitter notre enveloppe. Joe a une conviction, c’est que la vie ne s’arrête pas après la mort du corps donc il parle aussi de ça, de toutes ces questions qui le taraudent. Il y a aussi une réflexion sur la nature de l’homme, il parle aussi de la vie, en fait il faut lire les paroles je crois… (rires). Ce qui est intéressant c’est cette approche symbolique, pas du tout trash, de la mort.

MI. On retrouve également un thème qui vous est cher, l’écologie, notamment sur la deuxième chanson Toxic garbage Island…
Mario. Oui c’est un titre très concret, Toxic Garbage Island c’est un endroit dans le Pacifique où plein de courants convergent pour créer un vortex de déchets presque aussi grand qu’un Etat des Etats-Unis. C’est la poubelle de la planète en quelque sorte. Joe parle de ça sous forme de métaphore, il voit dans l’eau une créature étrange qui ressemble à une méduse et qu’il trouve belle puis il se rend compte que c’est un sac plastique et c’est la désillusion. On retrouve son approche naïve, il a souvent ce regard très naïf, très sensible sur les choses. Il exprime de la rage et de l’impuissance mais sans condamner telle ou telle personne, il dit juste que ça le fait mourir de voir ça… (la porte à côté n’arrête pas de grincer). Cette porte est hyper relou ! (rires) Toute la nuit elle a fait ce bruit là en plus.

MI. Le 14 août dernier vous avez joué avec METALLICA à Arras, quand on sait que c’est le groupe qui vous a amenés au Metal, qui vous a réunis, qui vous a influencés, qu’est-ce que ça vous a fait d’apprendre la bonne nouvelle, et une fois sur scène… (la porte grince à nouveau, tout le monde rigole).
Jean-Michel. Ca donne un petit côté fantomatique à l’interview… (rires)
MI. Oui donc j’imagine que… (nouveau grincement)
Mario. Non mais là il faut mettre une chaise de l’intérieur en fait. (Jean-Michel va coincer la porte avec sa chaussure)
Jean-Michel. voilà encore un message écologique de GOJIRA : on peut recycler une chaussure en plastique pour caler une porte (rires) !
Mario. Oui donc pour répondre à ta question, on avait plein d’images qui défilaient dans la tête, moi je voyais le gros coffret, celui qu’ils ont sorti en 93 ou 94…
MI. Le Live Shit?
Mario. Ouais j’ai eu cette image en tête, je me suis rappelé combien j’étais fan à l’époque, les posters que j’avais…
Jean-Michel. On y croyait pas tellement en fait, on était dans l’album et puis d’un coup on nous dit : « tiens le 14 août vous jouez avec METALLICA ».
Mario. En fait le reflexe qu’on a c’est de pas s’emballer, on a déjà entendu plein de fois « vous allez faire la première de tel groupe » et finalement ça ne se fait pas, donc là on s’est dit « ok super » et on a attendu, et ça s’est confirmé assez tardivement d’ailleurs. Après c’était génial mais finalement le concert c’était un concert comme un autre…
Jean-Michel. Il y avait quand même quelque chose de différent, dans l’échange avec le public, on jouait du GOJIRA, les gens attendaient ça mais en même temps on était sur la scène de nos pères, ceux qui nous ont ouvert la voie et tout le monde attendait pour les voir…Et quelque part on était en même temps sur scène et en bas comme des fans, ce qui créait un échange particulier. Et puis bien sûr j’avais le sourire tout le temps, envie de pleurer, de dire « Je vous aime tous, c’est génial !! », j‘avais l’impression que les gens ne faisaient plus qu’un, que la place ne faisait plus qu’une…C’était un grand amas d’émotions en fait.

MI. Tant qu’on parle de METALLICA, le nouvel album sort demain, est-ce que vous allez l’écouter ?
Jean-Michel. Pour ma part j’ai été jusqu’à acheter le dernier, St Anger, que j’ai…détesté (rires). J’étais sidéré, je me disais « il y a un problème j’ai un son bizarre là ! ». Quant au nouveau, ils ont joué un morceau à Arras qui ne m’a pas transcendé. Maintenant si quelqu’un de mon entourage l’achète je l’écouterai. Mais pour moi METALLICA c’est jusqu’au Black album. Après Load/Reload bon c’est une autre époque, mais ça pouvait encore tenir la route…
Mario. Oui et puis moi quand je pense à METALLICA c’est plus à ce que ça a fait dans ma vie, quand j’avais 12 ans, maintenant je ne suis plus du tout fan, j’ai décroché je préfère aller vers d’autres trucs.
Jean-Michel. Quelque part je me demande si on est encore fans de groupes, on a une autre approche, on va aimer un groupe ou un album pour l’émotion que ça nous apporte mais on ne devient pas fanatiques. Mais METALLICA, c’est une entité, ils resteront au dessus pour tout ce qu’ils nous ont apporté dans nos vies.

MI. Vous vous préparez à tourner en première partie d’IN FLAMES et en février 2009 vous serez de retour en France pour une tournée en tête d’affiche…
Jean-Michel. Ouais le fait de jouer en tête d’affiche ça nous permettra de faire des shows d’une heure et quart, quelque chose comme ça, et on va présenter les chansons du nouvel album en quasi-intégralité. On va déjà faire vivre les nouveaux morceaux pendant la tournée avec IN FLAMES et de façon encore plus intense pendant la tournée en tête d’affiche. On va aussi travailler notre show pour tout ce qui est vidéos, photos, lumières…présenter un ensemble très complet, à la fois visuel, auditif…
Mario. C’est vrai que ça fait longtemps qu’on n’a pas été tête d’affiche, donc ça va être super de revivre ça.

MI. Et en dehors des tournées, quels sont vos projets dans les années qui viennent ? Un cinquième album ? Maciste aux Enfers ?
Mario. Pour le moment on est concentrés sur le nouvel album, on a un planning de un an donc c’est dur de parler de ce qui va se passer après, on ne sait pas dans quel état on sera, ce qu’on voudra faire, ce qu’on pourra faire. Moi j’aimerais vraiment faire le projet Maciste Aux Enfers (NDR : la musique d’un film muet que GOJIRA a réalisée en 2003). Ca ferait comme une coupure et c’est quelque chose qui pourrait enfoncer la crédibilité du groupe car c’est un projet un peu différent, un peu en marge, et qui ferait de nous un groupe complet, qui montrerait un autre visage de GOJIRA. On pourrait sortir un DVD avec le film muet et la musique à côté… Je le vois comme un truc qui arriverait au bon moment. On avait pensé le faire avant le quatrième album mais ça aurait repoussé The way of all flesh de six mois voire un an, et on s’est dit que From mars to Sirius avait eu du succès mais que tout ça était encore trop fragile, qu’il fallait enfoncer le clou rapidement avec un quatrième album. Donc si cet album cartonne ce sera peut-être le moment de faire ce projet là, qui nous ferait du bien, qui nous épanouirait, ou alors on fera le cinquième album, on verra…Mais moi j’aimerais vraiment faire Maciste.

MI. On vous cite souvent comme le groupe de Metal français qui a la meilleure notoriété à l’étranger, que pensez-vous de la scène Metal française en général et d’après vous quels groupes peuvent prétendre à une carrière internationale ?
Mario. Un groupe comme MANIMAL par exemple, j’ai mal pour eux de voir qu’ils ne percent pas depuis tant d’années…Un groupe comme TREPALIUM aussi, mériterait largement une carrure internationale. Après il y a des groupes comme DAGOBA, HACRIDE qui ont une très bonne exposition en France et commencent à devenir internationaux…
Jean-Michel. Il faut aussi se demander quelle est la volonté de tous ces groupes, tous n’ont pas l’ambition de devenir célèbres aux Etats-Unis, pour beaucoup ça suffit de faire des tournées en France et dans les pays limitrophes. En tout cas on a rencontré énormément de groupes qui ont une identité, qui ont un style, par exemple quand on faisait la tournée From Mars to Sirius on a eu comme première partie tous styles de groupes, des groupes très carrés, certains moins en place, des groupes qui ont déjà des albums mais pas de distributeur et qui font tout eux même…Je pense qu’il y a une identité, un son à la française, des groupes qui ont des sonorités, une façon de composer, qui pourraient avoir un impact vraiment fort à l’étranger. Après c’est aux groupes de montrer qu’ils en veulent, de faire du bruit, de s’entourer des bonnes personnes et d’enfoncer des portes. C’est ce qu’on a fait et ce qu’on continue à faire, on avance pour nous et si après on ouvre des portes pour les autres, c’est super.

MI. Quels conseils donneriez-vous justement à des groupes qui recherchent la reconnaissance à l’étranger ?
Mario. Déjà, contacter des labels étrangers, parce que les labels français n’ont pas toujours les armes pour intégrer les groupes à l’international. Nous, nous sommes chez Listenable qui est basé en France mais qui a beaucoup de poids à l’étranger. Donc je pense qu’il ne faut pas hésiter à taper dans les gros labels, les labels américains par exemple. Mais avant ça il faut être sûr d’être disponible pour cette vie là. Par exemple être prêt à travailler son accent, parce que les chanteurs ont un rôle très important : s’ils chantent en français ça ferme énormément de portes, et s’ils chantent en anglais avec un très mauvais accent ça va pas passer du tout non plus. On a la chance d’avoir Joe qui est bilingue et qui a beaucoup travaillé son accent avec notre mère qui est américaine. Du coup pendant les interviews aux Etats-Unis il est crédible et c’est sûr et certain que le langage est hyper important. Il faut aussi être prêt à jouer un peu partout, dans des bars…Nous c’est en passant par des concerts de merde qu’on a rencontré des gens importants, qui nous ont repérés…Il faut se défoncer, il faut lâcher tous les boulots, être prêt à ne plus voir sa famille…
Jean-Michel. Ce qui est important aussi pour un groupe qui veut vraiment faire ça, qu’ils soient trois, quatre, cinq, six, sept ou huit dans le groupe peu importe, il faut qu’ils aient tous ce même désir d’aller dans la même voie. Sinon il y en a toujours un qui va tirer le groupe vers le bas, et ça n’avancera jamais. La solidité des membres est vraiment super importante, il faut qu’ils définissent ce qu’ils veulent, c’est la clé de tout le reste. Après il faut se donner les moyens, sachant qu’on peut passer par des phases où on est au plus bas, et jamais décrocher, se soutenir. Quand il y en a un qui tombe, l’aider à se relever. On a fonctionné comme ça et on fonctionne toujours comme ça, on a monté des échelons mais c’est toujours pareil, on a toujours des hauts et des bas, on s’entraide et c’est reparti. Ca, c’est hyper important : l’unité dans un groupe.
Mario. Il faut aussi savoir se remettre en question, discuter…Le nombre de fois où on a eu des conflits, où on a du s’asseoir sur quatre chaises et discuter… C’est une expérience humaine, on est un peu comme un couple, et dans un couple si tu ne dialogues pas tout s’effondre.
Jean-Michel. D’ailleurs quand tu vois dans le reportage qu’a fait METALLICA (NDR : Some kind of monster), les mecs ils ont gagné des millions, des milliards, ils arrivent au bout de 25 ans et ils savent plus se parler, ils se hurlent dessus, et il leur faut un psychologue pour qu’ils se rendent compte qu’ils peuvent se parler. Si tu comprends d’abord qu’il faut apprendre à se connaître, à s’entraider, à se remettre en question, dès que ça va pas on en discute de suite…
Mario. Et on a la chance d’avoir quatre natures plutôt tranquilles, on est sereins, pas trop excités par rapport aux événements extérieurs. Même la notion de succès est tout à fait relative, Johnny Hallyday a beaucoup plus de succès que nous (rires) ! Donc on prend du recul par rapport au succès, on en discute, on se dit « tiens sur tel forum ils nous ont descendu », « eux ils nous adorent »… et on garde toujours de l’objectivité et de la distance par rapport à ça.
Jean-Michel. En gros il faut croire en soi mais rester humble, honnête, les pieds sur terre…

MI. La question traditionnelle chez Metal-Impact : quelle est la question à laquelle vous avez marre de répondre, et quelle est celle que vous aimeriez que l’on vous pose plus souvent (avec les réponses s’il vous plait !) ?
Mario. Celle à laquelle on a marre de répondre, c’est l’historique du groupe…Il faut que je réponde alors? (rires)
MI. Non t’inquiète, au pire je ferai un petit copier-coller ni vu ni connu !
Jean-Michel. C’est difficile en plus, le groupe a douze ans maintenant, il y aurait tellement à dire…
Mario. Il y a aussi les questions du style « est-ce que vous réalisez que vous êtes les fers de lance du Metal français »
MI. J’ai remarqué effectivement que ça vous mettait assez mal à l’aise…
Mario. Ouais, parce qu’on sait pas quoi dire, ce n’est pas à nous d’en juger et c’est difficile d’en parler. Et pour la question que l’on aimerait que l’on nous pose…euh…Comment vivez-vous le rapport corporel à votre musique? (rires)
MI. Je t’en prie, fais toi plaisir !
Mario. C’est une musique où on se met dans tous ses états, où on doit gérer sa respiration, tout ça en fonction de la durée d’un set. Par exemple si on joue une demi-heure je me dis qu’en une demi-heure je dois dépenser tant d’énergie et je mets la barre au maximum. Je pars du principe que quand je sors d’un concert je dois être à plat ventre, par terre. Pour un set d’une heure je vais avoir une façon différente de gérer l’énergie. En une demi-heure je vais lever plus haut les bras mais je vais être sûr d’atteindre ma capacité maximum, de tout donner. Et j’adore ce rapport au corps, j’adore me défouler, c’est mon sport, je monte sur scène et je sens mon corps se modifier, j’ai perdu du poids, j’ai pris du muscle. Tout ça crée cette drogue naturelle qui fait que tu libères énormément de tension. Quand on sort de scène on se sent vidés dans le bon sens, parce qu’on a donné notre intensité maximale et je trouve ça fascinant. C’est aussi pour ça que je n’ai pas envie de faire du jazz pour l’instant car j’adore ce rapport au corps, ce côté bestial et tribal.
Jean-Michel. C’est vrai qu’on se donne beaucoup sur scène, mais c’est la musique qui nous envahit, qui nous fait vibrer, qui nous fait gesticuler, c’est assez difficile à expliquer, on ressent à la fois une souffrance mais aussi une plénitude. Personnellement ça m’emmène dans une phase où je me sens exister, je sens que je suis sur une Terre, je sens mon cœur battre, je sens mon souffle, je sens l’énergie qui est renvoyée par le public… On le perçoit tous différemment mais on finit pareils, complètement vidés…
Mario. Et puis on danse devant des gens concrètement, alors que moi dans la vie je ne danse pas facilement, je suis pas à l’aise du tout en danse…Mais ce rapport au corps devient différent sur scène.
Jean-Michel. On est à la fois musiciens, danseurs, c’est un tout…

MI. Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions, je vous laisse le mot de la fin !
Mario. Merci à Metal-Impact. Venez nombreux aux concerts si vous voulez, j’espère que vous allez prendre du plaisir à écouter l’album. C’est bateau mais bon (rires)
Jean-Michel. Longue vie à Metal-Impact !


Ajouté :  Lundi 22 Septembre 2008
Intervieweur :  Cilou
Lien en relation:  Gojira Website
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