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MASS HYSTERIA (FRA) - Moustapha "Mouss" Kelaï, Raphaël Mercier et Vincent Mercier (Oct-2015 / ITW-VIDEO)



En vingt ans de carrière, MASS HYSTERIA a connu des hauts et des bas. Mais contre vents et marée, le navire n'a jamais cédé. Les albums fédérateurs et le succès de la première décennie, la tentation d'un nouveau son avec l'Album Noir, une évolution Pop Rock qui n'a pas trouvé son public, puis le retour en grâce avec Failles et surtout L'armée des Ombres. En 2013, pour fêter ses vingt ans de carrière, MASS organise une tournée dantesque avec comme point d'orgue un concert mémorable dans une Olympia pleine jusqu'aux combles. En 2015, deux ans après cette apogée, le gang refuse de se reposer sur ses lauriers. Toujours menés par un Mouss volubile et inspiré, le groupe poursuit sur sa lancée en publiant son huitième album studio, Matière Noire. Un méfait dans la lignée du précédent, mais plus industriel, plus dur et plus "pessimiste lucide". C'est à l'occasion de la sortie de l'opus que nous avons échangé à bâtons rompus avec Mouss, Rapha et Vincent. Une longue et belle discussion pour laquelle nous avons proposé aux musiciens notre bon vieil exercice des petits papiers...

Line-up
: Moustapha "Mouss" Kelaï (chant), Raphaël Mercier (batterie), Yann Heurtaux (guitare), Vincent Mercier (basse), Frédéric Duquesne (guitare)

Discographie : Le Bien-être et la Paix (1997), Contraddiction (1999), De Cercle en cercle (2001), Mass Hysteria (2005), Une somme de détails (2007), Failles (2009), l'Armée des ombres (2012), Matière Noire (2015)

M-I Interviews du groupe : Vincent Mercier (Mars-2013), Moustapha "Mouss" Kelaï, Raphaël Mercier et Vincent Mercier (Oct-2015 / ITW-VIDEO)



Metal-Impact. Peux-tu nous dire quelles émotions ont dicté l'écriture de Matière Noire ?
Moustapha "Mouss" Kelaï. (visiblement ému) : Je vais parler franchement, j'ai perdu mes parents, mon père l'année dernière, ma maman au début de cette année. Donc j'ai composé cet album dans le deuil. C'était dur, ça a plombé un peu, mais ça a rendu intense. J'ai fait une chanson posthume en hommage à ma maman, et l'actualité m'a rattrapé. J'essaye avec un de philosophie, de recul et de poésie et du bon sens, de parler de tout ça. De ce qui me touche intimement : l'amitié, mon groupe, mes potes d'enfance et le monde actuel. Donc beaucoup de paramètres, d'humeurs et d'émotions différentes. C'était assez chargé, d'où le titre Matière Noire qui évoque quelque chose d'assez sombre.

MI. Comment est-ce qu'on travaille pour donner suite à un album aussi plébiscité que L'armée Des Ombres ? Comment se renouveler sans perdre son public ?
Moustapha "Mouss" Kelaï. Le mot d'ordre c'est "faut faire mieux" ou faire différent, sans perdre sa nature ou son intégrité. C'est toujours un challenge. On commence à composer, soit ça nous embarque, soit ça nous laisse dubitatifs. Après je vais te dire des phrases un peu bateau mais auxquelles je crois de plus en plus depuis deux ou trois albums. C'est un écrivain qui disait : toujours écrire un livre comme si c'était le dernier. Je mets vraiment tout comme si c'était le dernier.
C'est notre huitième album, ça fait un peu plus de vingt ans qu'on existe et j'étais assez utopiste au début. Après j'étais moins utopiste mais toujours optimiste... et là je deviens pessimiste. Pessimiste actif, pas pessimiste dépressif. Ca me touche mais ça ne va pas m'affecter, ni me broyer. Si j'en ai marre, je me casse. Je sais pas ce que je ferai, mais j'ai pas envie que le climat actuel pèse sur moi. Je suis pessimiste mais je suis pas résigné à voir tout en noir, malgré le titre, Matière Noire.

MI. Musicalement l'album fait une passerelle entre la musique de vos débuts, la scène alternative des années 90 et un son plus produit, plus actuel. C'était l'effet recherché ?
Mouss. Ca me fait plaisir, t'es la deuxième personne qui me dit ça. J'ai des potes qui aiment pas tout MASS HYSTERIA et m'ont dit avoir retrouvé le son des débuts, plus Metal Indus. On a pas voulu ça forcément mais on est imprégnés et on arrive à garder ce socle qu'on avait avant... ou plutôt à le récupérer car on l'avait peut-être un peu perdu sur les derniers albums. On privilégiait plus les guitares et la voix ; les machines on les laissait un peu derrière. Sur Matière Noire, on a fait des plages exprès pour les machines et on les met pour créer un contraste, une sorte de Metal Indus Progressif.
Il y a un morceau "l'Espérance et le Refus" qui sonne comme du TRUST. Si vous prenez "Antisocial" de TRUST, il rentre dans les cases. C'est pas voulu hein, mais il y'a des fois, quand en répète on faisait ce morceau, j'avais pas de texte, je chantais en yaourt un petit truc, deux ou trois petites phrases que j'avais senties, et à un moment donné je me suis dit que ça faisait penser à TRUST, alors je me suis mis à chanter "Antisocial" dessus et ça rentrait parfaitement... du coup, c'est un clin d'oeil assumé.

Les petits papiers...

Engagé / Enragé
Mouss. Tu changes une lettre et c'est le même mot. On peut être l'un sans l'autre. Avoir la rage de vivre avec un peu de manque de discernement. Engagé c'est pareil... J'adore les deux mais avec un peu de bon sens. Faut pas que la passion supplante la raison. Rester raisonnable, objectif, dans son engagement ou son agacement qui aboutit parfois à être enragé contre quelque chose. Mais c'est ce que nous sommes. Souvent engagés, parfois enragés. Enragé, c'est très Rock'n'roll.
MI. Et c'est la façon dont tu interpelles le public en live...
Mouss. C'est çà, je parle aussi de furie... Et le premier morceau de l'album c'est "Les Chiens De La Casse" et il est question de rage de vivre. Je nous vois bien comme des chiens de la casse...


Matière Noire
Mouss. La matière noire c'est la masse manquante dans l'univers. Il y a des chercheurs qui ont voulu calculer la masse et le poids de l'univers, ils se sont rendu compte qu'il manquait des données, 40 pourcent de masse. Il existe une masse invisible, mais réelle qu'ils ont appelé matière noire. Dans notre société, en France, je pense que la masse manquante de l'univers c'est un peu le peuple qui vote blanc et qui n'est jamais pris en compte. Il est là mais il est pas là. Moi même, je vote blanc depuis un certain temps. On paye nos impôts, on travaille, on vote blanc un peu de façon contestataire parce que ni la droite ni la gauche ne m'intéressent et ne me parlent. J'y crois pas, je suis pas le seul et j'aimerais bien savoir combien nous sommes. Je voulais donc faire un parallèle avec la masse populaire qui vote blanc mais qu'on voit pas.
J'ai pris la matière noire parce que j'aime beaucoup l'astronomie et rien que les deux mots je trouvais ça mortel. J'ai toujours des petits rapports à ça dans nos albums.
Raphaël Mercier. Pour moi c'est cette espèce de chape de plomb qu'on nous fait passer à longueur de journée dans les médias. C'est aussi une certaine élite qui te dit comment penser, comment lire, quelle musique écouter.
Vincent Mercier. Ou cette information toujours négative. Il y a plein de choses bien qui se passent bien sur Terre. On nous en parle moins, des gens qui sauvent des vies, font des choses bien.
Mouss. Sur le plan de l'humour, on a un film culte c'est Le Père Noel Est Une Ordure et la scène dans la pharmacie avec le Kloug qui explose sur la veste du pharmacien et lui qui dit : "mais qu'est-ce que c'est que cette matière ? C'est de la merde ?". Et moi je m'étais dit que pour désamorcer la lourdeur de l'album, on pouvait laisser un blanc à la fin de la dernière chanson et cette phrase tirée du film. On l'avait fait sur Contraddiction avec un extrait du film Bernie, d'Albert Dupontel. On voulait le refaire pour Matière Noire. Cet album est tellement sérieux, ça aurait fait un contrepied, pour désamorcer trop de pesanteur dans certains textes. Mais finalement on ne l'a pas fait.

Patrick Roy
Mouss. Voila un engagé. Et parfois enragé aussi. Patrick Roy qui était pour moi un OVNI. Quelque chose que j'aurais jamais pensé. Qu'un député nous appelle parce qu'il aimait notre musique, qu'il veuille défendre cette scène française Metal. Il voulait que le Metal français ne soit pas négligé et soit pris en compte dans la culture. On avait pour projet de mettre une catégorie Metal / Musiques Extrêmes aux Victoires de la Musique. C'était un combat qu'il était prêt à mener. Il a beaucoup lutté aussi parce qu'il est mort d'un cancer, assez foudroyant d'ailleurs. Cet homme là nous a appelé, nous a invités au Parlement, il nous a fait une visite guidée. On s'était mis sur notre 31, on était tous en costard, il a été très agréablement surpris... On aurait pu arriver en TShirt PANTERA mais qu'on ait fait tous l'effort de bien s'habiller, ça lui a fait plaisir. Donc on se baladait dans le Parlement, j'y avais jamais été... Et on a mangé au restaurant de l'Assemblée Nationale et on a passé une soirée incroyable. Il l'a pas dit mais je pensais "c'est la République qui paye, pour une fois qu'on est là... On s'est bien marré". On a bien mangé, bu du très bon vin, discuté de la vie en général et de la musique. C'était un grand homme et il m'avait redonné espoir dans la politique. On peut croiser des politiques dans les festival quand ils viennent faire leur tournée. C'est la bise du show biz ou la poignée de mains du malin... Mais un mec qui t'appelle, un homme de gauche un peu dégouté de ce que la gauche est en train de devenir mais qui refuse de perdre espoir. Moi j'ai halluciné parce que je pensais vraiment qu'on allait faire quelque chose avec un mec qui avait du poids, des appuis politiques, c'était impensable. La maladie l'a emporté trop tôt, trop vite et plus jamais aucun député nous a appelés.

Chanter en français
Vince. C'est ce qu'on fait avec MH, depuis longtemps. Moi j'aime la musique française, j'écoute beaucoup de Rock français.
Rapha. C'était un choix, Mouss est beaucoup plus à l'aise. Et tu sais, c'est cyclique. Nous quand on a commencé, les maisons de disques avaient plus tendance à signer les groupes francophones. Maintenant c'est plus les groupes anglophones, et un jour ça reviendra. Nous on chantera toujours en français. On a un titre en anglais mais je préfère quand Mouss chante en français.
Vince. Tout repose sur la musique, tu t'appelles DAFT PUNK tu chantes en français ou en anglais, ça marchera toujours. Si tu es un sous MACHINE HEAD, c'est pas parce que tu chantes en anglais que tu arriveras à supplanter les maîtres.
Rapha. Après, c'est pas évident d'écrire en français pour ce genre de musique mais en se creusant la tête, on y arrive.

Verycords
Mouss. C'est notre label. C'est d'abord un père et un fils qui ont monté cette boite. Des passionnés de musique. Le père était dans les affaires a revendu son business et a décidé d'investir dans la musique. C'était pas son domaine de prédilection mais il a voulu faire quelque chose dans la musique. Donc Verycords nous a signés pour l'album d'avant. Ils ont parié sur nous, ils nous ont fait confiance, ils nous ont jamais donné aucune directive ou consigne, ils nous ont toujours laissé libres de faire ce qu'on voulait. Ca a fonctionné sur L'armée des Ombres où ils ont mis plus de budget qu'il n'en fallait contractuellement. Ils étaient vraiment investis, et sur Matière Noire, on a renouvelé la confiance mutuelle et je les en remercie. C'est un bon album, avec une promo comme on a rarement eu et une tournée. Je suis pas dans les chiffres mais j'ai vu que dans les précommandes de la Fnac on est septième, alors que l'album est pas encore sorti, un truc de fous. On est mieux classés que des gens sortis y a pas longtemps. Merci pour cette confiance. C'est un partenariat qui fonctionne et dont on est contents.

Conseil à un jeune groupe
Mouss. Travailler au métronome pour avoir le morceau sur le bout des doigts. Après vous mettez le métronome de côté et vous jouez avec les tripes, mais si vous avez le morceau sur le bout des doigts, vous savez quand tout est en place... Sinon ça groove pas. Avant d'avoir du talent de création, avoir le talent de jeu. Même moi, quand j'enregistre, j'ai un clic. Des fois ça m'emmerde, c'est bien que ça soit pas trop rasoir. Le truc c'est de maitriser la rythmique. Après des musiques peuvent bouger un peu mais faut avoir le talent de faire groover quand ça bouge, à la Franck Zappa, King Crimson ou Slash... Des grands guitaristes qui peuvent fluctuer. Déjà faut être en place.
Vince. Dave Growl a écrit un truc super bien là dessus. Il dit que l'essentiel c'est d'être dans ton local de répet'. Au début tu crains, tu joues comme une merde mais après tu montes sur scène, les gens voient que tu as envie d'en découdre et tu joues, tu joues et après ce groupe devient NIRVANA.
Rapha. Essayer de jouer tous les jours, c'est la base, même si tu refais toujours les mêmes exercices que tu as appris quand tu étais plus jeune.
Vince. Vouloir être musicien et pas une star...
Rapha. Faire de la musique pour s'amuser et pas mettre la charrue avant les boeufs en pensant à être beau, riche et célèbre parce que, en France, avant que ça t'arrives, il va se passer un certain temps. En tout cas si tu fais ce genre de musique.
Vince. L'essentiel c'est pas la notoriété. C'est d'être dans le camion avec tes potes et d'aller vivre le truc. Le show, c'est magique. Tous les clips video que tu peux faire ne remplaceront pas cet instant. D'avoir une espèce de messe, avec un public et partager ça un soir.
Mouss. Je trouve que les groupes d'aujourd'hui ont du mérite. On n'est plus dans l'âge d'or du disque. Faire un groupe c'est pas évident. En vivre, on frise l'utopie, le rêve. Il y en a qui vendent assez pour en vivre, mais c'est une minorité. Nous, malgré notre carrière, on est obligés de travailler à côté. On travaille pour pouvoir continuer à faire de la musique. C'est la musique qui prime. Parce quand on tourne pas, y a rien qui tombe. Avant y avait un peu de Sacem qui tombait avec les ventes, maintenant non. C'est dommageable, mais on doit faire avec. Et donc les groupes d'aujourd'hui ont du mérite d'y aller parce que le marché est dur. Perdez pas la foi, si vous faites de la bonne musique, vous avez la foi, vous êtes authentique et spontané, les gens aiment et ça peut décoller, grâce à internet, en s'autoproduisant, même sans passer par une maison de disques. Un groupe comme FAUVE, j'ai beaucoup de respect pour eux. Juste des passionnés qui émergent et qui s'autoproduisent, aucune maison de disques, ils remplissent des Zenith tout seul... Il y a un public pour la musique authentique, pas un truc formaté par la maison de disques. Il en faut, il y a aussi un public pour ça. Tu vois, il y aura toujours du.... Je vais pas dire de nom parce que je vais être désobligeant (courte hésitation). Ouais si, MAITRE GIMS, c'est de la bonne variétoche de merde et il y a des gens qui écoutent ça. Donc il faut leur donner de la matière et MAITRE GIMS est là pour ça. Mon conseil aux jeunes groupes c'est donc : soyez authentiques, intègres, soyez fun, soyez dark, faites votre musique avec votre humeur, vos émotions et brulez tous les planchers de France et de Navarre.

Furia
Rapha. Un incontournable. Morceau qui a pas mal contribué à notre succès en fest et live. Pourquoi ? Je sais pas. La petite anecdote c'est que quand on a enregistré Contraddiction et que j'ai fait écouter "Furia" chez Universal, on m'a dit : "mais qu'est-ce que c'est que ce morceau de merde ?" et ben ce morceau de merde, si on le jouait pas, y a plein de gens qui seraient malheureux. Il y a des fois des gens qui bossent dans la musique mais qui n'ont pas d'oreilles.

"Départ" de Nicolas Sarrouy
Mouss. Le terme départ est un peu maladroit vu qu'il a eu un accident. Mais il va beaucoup mieux, vraiment, c'est assez miraculeux, il revient de loin mais il parle, il sait qui on est, il déconne et il a été touché de l'émotion que ça a suscité. A travers Metal-Impact je vais passer le message aux gens qui ont envoyé des messages de réconfort : ça l'a ravi, ça lui a fait beaucoup plaisir.
Quant à son départ du groupe, dans MASS HYSTERIA on a eu trois guitaristes et chaque guitariste a fait sept ans. C'est pas voulu, c'est étrange, y a peut-être un code chez les guitaristes, une loge maçonnique. Je plaisante mais bon, c'est lui qui a voulu partir, comme se séparer d'un coup de foudre. C'est une question d'amour. Est-ce qu'il était encore amoureux de partir en tournée, de composer ? Ca demande beaucoup d'engagement qui ne paye pas vraiment quand on ne tourne pas et qu'il faut travailler à côté pour pouvoir vivre, voire survivre et continuer à répéter et composer. Ca prend du temps. On fait deux métiers mais y en a qu'un qui paye quand on tourne pas. Il y a un côté un petit peu usant et 7 ans de tournée... J'essaye d'expliquer, j'espère qu'on pourra en rediscuter avec lui, avec vous aussi. Quand il a quitté MASS il a dit qu'il avait fait le bon choix, que c'était mieux pour lui. Et que s'il était resté par habitude, il aurait freiné... Il a été honnête, on s'est quittés en bons termes.

Failles
Vince. C'est un album que j'aime beaucoup, mais j'étais pas encore dans le groupe...
Rapha. C'est après Une Somme De Détails l'album qui a enfoncé le clou du retour de MASS à sa musique originelle. C'est à partir de Failles que les gens sont revenus vers MASS. C'est un de mes albums préférés et un de mes morceaux préférés. Je trouve que le son est très bon.

Toi et ton instrument
Vince. Oh là là, faut du temps là... C'est d'abord une histoire d'amour !
Rapha. Des fois, y a des jours ou tu l'aimes pas trop. C'est jamais de sa faute à lui, c'est toi qui est mauvais. Mais tu dois te forcer à jouer, tu te dis que ça va pas être bien, tu te traines les pieds pour aller jusqu'au studio et une fois que t'y es, ça revient et tu te dis "c'est vraiment ça que j'aime". C'est beaucoup de boulot. Tu progresses lentement et tu perds très vite. Faut s'entretenir. Pour les batteurs, dans une ville comme Paris c'est pas évident, tu ne peux pas avoir de batterie en appartement dont tu dois aller en salle, ça coute cher, tu peux pas jouer 8 heures dans la journée mais 2 ou 3 heures par jour c'est bien. De toute façon, chaque minute passée sur l'instrument ça sert.
Vince. On est jamais contents parce qu'il y a toujours un moment où tu voudrais l'instrument ultime. Tu fais des custom shop quand tu es guitariste ou des custom quand tu es batteur avec tes réglages, le bois que tu veux... Tu es dans une sempiternelle recherche de l'instrument ultime pour être à l'aise en concert. J'adore jouer de la basse mais je veux assurer en concert et pas avoir de difficultés d'interprétation. Avec la basse et la guitare, il faut aussi tenir compte du vieillissement, il va vieillir avec toi et il prend tes formes comme des chaussures en cuir et tu acquiers cette espèce d'aisance qui est dure à avoir avec un instrument neuf. Je peux passer ma journée à essayer des basses, c'est pas une perte de temps, toujours la recherche de l'instrument ultime. Il n'y a rien de plus horrible pour un musicien de te galérer à faire sonner un instrument. Comme un écrivain qui aurait un mauvais stylo.
Rapha. Il y a une relation avec l'instrument. Quand je suis derrière ma batterie perso, je suis en confiance, je me sens bien.
Mouss. Je me pose moins de questions sur la voix et j'ai l'impression que ça me réussit. Il y a une dizaine d'années, j'ai pris des cours de chant. C'était avant l'album Noir et ça a donné un chant, moins scandé. A l'époque, j'avais peur d'être trop froid, robotique. Je cherchais à faire quelque chose de différent, en chantant. En fait, il faut pas que je me force, on peut amener une mélodie sans forcément chanter... Donc moi et mon instrument ça va mieux. Ce que j'ai en tête ça sort, et on bonifie. Je me prends moins la tête comme avant, j'ai moins de stress avec ma voix. Le seul problème que j'ai c'est qu'à chaque concert je force beaucoup et que des fois, sur trois quatre dates, la quatrième, je suis pas aussi efficace que les deux premières. C'est un petit souci mais quand tu es enroué, tu peux plus monter ni donner la vraie force dans un morceau, c'est frustrant. Et puis les gens n'en ont rien à faire que t'ai eu trois concerts avant. Je fais attention à ma voix, je m'échauffe toujours avant, c'est un rituel, comme un sportif. Je fais attention. Mais j'ai un souci, parce qu'après les concerts, j'aime bien discuter avec les gens alors que ma prof de chant me disait qu'après avoir chanté faut se taire et aller dormir. Et boire un verre de vin avant de chanter, comme faisait Pavarotti. Et on a un petit rituel, on se boit un petit digestif, un petit whisky avant de monter sur scène. Ca c'est Eddy Mitchel qui le fait.

Positif à bloc
Vince. C'est une valeur forte du groupe, et ça le restera toujours. Rester positif, c'est pas une question de karma, de moine tibétain à deux balles mais si tu développes quelque chose de bon et que tu vas vers les gens, obligatoirement tu auras une réponse positive.
Rapha. Et de plus en plus, c'est ces valeurs là qu'on veut défendre, dégager un truc positif dont tout le monde a besoin.

Contraddictions
Rapha (à Vince). Tiens dis-moi ce que tu en penses.
Vince. Quand je suis rentré dans MASS HYSTERIA en 2012, c'est un album qu'on interprète pas mal sur scène, beaucoup de morceaux à apprendre, et c'est un des albums les plus durs à apprendre, dans la régularité, l'exécution. Il y a beaucoup de gens qui pensent que c'est facile, c'est toujours le même riff. Mais vas l'interpréter avec régularité.
Rapha. Contraddictions est un album qui a changé beaucoup de choses pour nous, c'est à ce moment là que ça a décollé, ça a visiblement marqué les gens car on nous le demande encore. C'est un de ceux qu'on a le plus vendus, c'est une belle époque où il y avait une vraie scène française, qu'il y a un peu moins aujourd'hui. Ca se mélangeait plus, on jouait quatre fois par semaine. Dans n'importe quelle ville de France t'avais des groupes cool. Tout le monde s'échangeait, y avait des bonnes tournées. C'était la bonne époque. C'est toujours la bonne époque, mais les choses ont un peu changé quand même.

MI. Pendant que Rapha parle, Vince pioche dans le sac à questions et sélectionne celles auxquelles il a envie de répondre...
Vince. J'ai choisi les questions, moi je suis assez comme ça, tricheur, dans la vie.

L'Olympia
Vince. Autre date importante pour nous. Les vingt ans à l'Olympia. La journée est passée en deux secondes et j'ai même l'impression de pas avoir joué.
Rapha. Le concert est passé super vite, on était portés. Le public était fou. C'est le public qui a fait le show. C'est pas le jour où j'ai le mieux joué de ma vie. Il y avait une petite tension, l'Olympia, complet... Mais c'était une pure soirée, tout était incroyable.
Vince. On a eu la chance de passer l'Olympia en milieu de tournée. Il y a ce fameux Braveheart, nous on est sur scène on regarde les gens s'éclater, c'est toujours impressionnant, t'as presque envie d'arrêter de jouer pour compter les morts...
Rapha. Et c'était fou, tous ces départs de "Joyeux anniversaire", c'était spontané, les gens étaient au taquet...
Vince. On avait préparé un bon show avec des surprises, des guest, des danseuses, une intro martiale... Les gens nous ont remercié pour cette date.
Rapha. J'espère que le Trianon de l'année prochaine sera aussi dingue. C'est un moment magique, ça pourra jamais être deux fois la même chose.

Donnez-vous la peine
Rapha. C'est le premier morceau que j'ai entendu de MASS HYSTERIA. C'était rue de Douai, chez Rage Magazine, avec le guitariste de mon groupe d'avant, WIRED MIND, on avait été leur rendre visite parce qu'ils nous avaient mis démo du mois, juste le mois d'après MASS. Et le rédac chef, Stéphane Hervé nous a fait écouter la maquette de MASS HYSTERIA. Et j'ai adoré direct "Donnez-vous la peine", ce mélange machine / guitare, c'est exactement ce que j'écoutais à l'époque car j'étais à fonds dans MINISTRY et compagnie. Je savais même pas qu'on répétait au même endroit. Après j'ai croisé Yann au Liberty, il a commencé à venir nous voir en répete, il m'a repéré et quand leur batteur est parti, il m'a proposé la place. Donc c'est un morceau très important pour moi. Et il ne quittera jamais la setlist. Moi vivant, il sera toujours interprété en concert.

Metal français
Rapha. Il y a plein de bonnes choses depuis toujours, on n'en parle pas assez. C'est pas du tout médiatisé, je ne sais pas si ça le sera un jour, je ne sais pas s'il faut que ça le soit.
Vince. Nous on a la chance d'avoir les groupes français émergents en ouverture et on voit vraiment de la qualité. Ce n'est plus comme il y a dix ou vingt ans et que les maîtres du monde étaient les américains qui nous apprenaient tout...
Rapha. De tout ce que j'écoute, c'est pas ce qui vient des Etats-Unis le meilleur. Les anglais et les suédois sont super forts. Tout le monde me parle de FIVE FINGERS DEATH PUNCH, on est loin de PANTERA !
Il faut que les gens redécouvrent la scène française et la défendent. Les allemands ont pas de mal à aimer les groupes allemands, mais en France je trouve qu'on a du mal a aimer nos groupes.
Vince. Alors que les étrangers aiment GOJIRA, RAISE OF THE NORTHSTAR, HANGMAN CHAIR, SMASH HIT COMBO.
Rapha. GOJIRA on les a vus à Montréal, c'était la tarte. Faut défendre les groupes d'ici. C'est déjà pas évident de faire du Metal en France, s'il y a pas de soutien...

Wall of Death
Rapha. Toujours un bon moment, j'espère qu'on trouvera le moyen de faire un truc encore plus dingue sur les prochaines dates.
Vince. Ce qu'on aime bien sur les Wall of Death, c'est quand Mouss sépare la foule, t'as toujours le zozo au milieu qui fait son bonhomme, ou la nana complètement bourrée.
Rapha. Un des plus beaux c'était en première partie de LIMP BIZKIT au Zenith, t'as une nana qui est vaporisée. C'est toujours un bon moment, c'est rigolo et il n'y a pas de violence là-dedans contrairement à ce que certains peuvent penser, comme dans les circle pit. Je prends toujours l'exemple du Hellfest. Tu as des mecs avec des clous, des cartouchières, des vestes à patch et qui boivent beaucoup de bière, mais il n'y a pas une embrouille pendant trois jours. Personne va se taper dessus ou voler au Leclerc. L'habit ne fait pas le moine.

Tatouage
Vince. C'est quelque chose d'assez présent avec Yann, Rapha et moi. C'est indissociable de notre scène. C'est un manifeste de ce que j'ai traversé dans ma vie, aussi bien musicalement que personnellement. C'est un peu une appartenance aussi. Tu as beaucoup de tatoués dans le Metal.
Rapha. Moi c'est toujours en hommage à des groupes, des trucs qui m'ont marqué et j'ai un petit projet pour toute cette surface (il montre son bras) qui est encore vierge. Mais le problème c'est quand on commence, c'est difficile de s'arrêter.

Frédéric Duquesne
Rapha. C'est le nouveau membre de la famille. On est produit par lui depuis 8 ans. Déjà quand il a produit Une Somme De Détails et qu'Olivier a décidé de quitter MASS, on lui avait proposé la place. Mais il ne pouvait pas parce qu'il était sur plein de productions d'albums, il avait pas le temps. Là quand Nico nous a dit qu'il arrêtait, on a été un peu surpris, on l'a appelé directement, il a dit oui. Ca se passe très bien, il a un bon coup de mediator.
MI. La transition de producteur à guitariste a aidé ?
Rapha. C'est pas toujours évident d'avoir le producteur dans le groupe et je trouve qu'il a bien bossé sur l'album. Au niveau du son, c'est costaud.
MI. C'est difficile de se stabiliser à nouveau lorsqu'un musicien quitte le groupe et qu'il est remplacé ?
Vince. On se connaissait avant. Moi je connaissais le groupe avant d'y venir et Fred pareil, ça aurait été quelqu'un de neuf, faut partir dans le camion avec lui, être sur scène, comprendre sa personnalité, son égo... Mais nous on se connaissait déjà bien.

Hellfest
Vince. Tout ce que j'adore dans la musique, tout ce que j'ai toujours aimé faire. La journée au Hellfest c'était magique. Tu croises David Vincent de MORBID ANGEL, t'as Phil Anselmo qui fait une photo avec toi, Tommy Victor de PRONG qui tape la discut'. Tu vas dans le public t'as que des mecs positifs.
Rapha. Moi j'y vais depuis 2008 en touriste, j'ai vu des tonnes de groupes que j'aurais jamais cru voir en France. C'est un super spot, l'ambiance est géniale, la déco, l'atmosphère. Et c'est génial de voir tous ces groupes. Pour un gars comme moi qui aime tout dans le Metal, c'est le pied. C'est trois jours en dehors du monde.

Interview : MASS HYSTERIA (FRA) - Moustapha


Ajouté :  Lundi 16 Novembre 2015
Intervieweur :  Rivax
Lien en relation:  Mass Hysteria Website
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