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THE RUNAWAYS (usa) - The Runaways (1976)






Label : Mercury Records
Sortie du Scud : 1er Juin 1976
Pays : Etats-Unis
Genre : Hard Rock
Type : Album
Playtime : 10 Titres - 32 Mins





Les SUPREMES, les RONETTES, SHE, GOLDIE & THE GINGERBREADS, les SHAGGS, les CHANTELS, MARTHA AND THE VANDELLAS, THE CHIFFONS, THE CRYSTALS... Je pourrais continuer comme ça très longtemps, les exemples ne manquent pas.

La place des femmes dans le monde du Rock... Vaste débat. Pour beaucoup de leurs homologues masculins, spécialement dans les 60's et 70's, leur place était à la maison, ou backstage, allongées sur un canapé, attendant patiemment dans une chambre d'hôtel, objet de satisfaction personnelle, baume pour ego surdimensionné, flatterie obligatoire de virilité indéniable. Certaines en profitaient même, assouvissant des fantasmes nés dans leur prime jeunesse en regardant fixement des affiches illustrant leurs héros dans des poses ouvertement sexuelles... Les GTO, Pamela des Barres, là aussi, la liste est très longue...

Groupie ? Femme soumise s'occupant de la chaumière lorsque son mari parcourait les routes ? Passant sous silence les infidélités, les soirées seule en sachant pertinemment ce qui se passait après le concert du jour ? Bout de viande à peine sexué passant de lit en lit, mendiant un peu de tendresse, sans même parler d'amour ? Un peu de tout ça sans doute. Et lorsque ces dames osaient passer de l'autre côté de la barrière, eut égard à un talent vocal indéniable (on ne parlait pas encore de femmes musiciennes, juste de chanteuses ou de choristes), elles étaient souvent le jouet d'un manager encore plus égocentrique que n'importe quel musicien, d'un mari/leader affolé par les sommes mises en jeu (Ike Turner, si tu nous lis..), ou d'un producteur à la masse, persuadé d'être un génie absolu, aidé en cela par des media jouant le jeu du machisme centrifuge (Spector, si tu nous lis en prison...), voire parfois d'un paternel aux désirs assez éloignés de la réalité du marché (pauvre SHAGGS et leur petit minou...). Point, rien d'autre, so long...

Et le soleil dans tout ça, elles le voyaient quand ? Lors de tournées, lorsque la plupart des mecs du public leur gueulait "à poil !!", "salopes !!!" et autres friandises orales raffinées ? Lorsqu'il fallait qu'elles soient gentilles avec la presse, en portant des shorts de plus en plus courts, des décolletés plus profonds, en adoptant des poses plus lascives ?

Alors on y revient. Quelle est donc la place des femmes dans le Rock ? Aujourd'hui, la question ne se pose pratiquement plus. Des artistes au caractère bien trempé sont passées par là, et on remis les pendules à l'heure. Nina Hagen, Madonna, Lydia Lunch... Mais dans les années 70, l'interrogation était encore malheureusement valide. Le Rock, à la base, c'était le sexe, et ça, les musiciens l'avaient bien compris. Alors, si les femmes souhaitaient se retrouver SUR scène, et non juste derrière, il allait leur falloir faire avec. Ca, Suzie Quatro l'avait bien pigé. Gainée de cuir noir, la moue boudeuse et la guitare sensuelle, elle avait défriché le terrain mieux que quiconque, jouant de son déhanché sans pour autant être dupe. Mais on pouvait pousser son concept encore plus loin... Et ça, c'est Kim Fowley qui l'a vraiment bien pigé... Et si à la place de Suzy, il s'arrangeait pour proposer au public male adolescent non pas une seule front women, mais plusieurs, et si possible, très jeunes ? Avec ça, il était sur de gagner la partie. Avec des gamines à peine sorties de l'adolescence, il allait non seulement s'attirer les bonnes grâces de la frange Teen White Trash de l'Amérique, mais aussi de vieux libidineux avides de chair fraîche. Bingo.
Fowley, dans les 70's, c'était ce mec un peu bizarre, musicien décalé fringué comme une star étoilée qui sortait des albums foutraques, un genre de mélange entre un Bowie goguenard et un Rundgren plus street style. Ecoutez pour l'exemple son Outrageous, et rendez-vous compte qu'il aurait pu sortir l'année dernière pour réaliser que Fowley avait vingt, trente ans d'avance sur son temps...

Lors d'une fête chez l'ami Cooper Alice en 1975, Kim tombe sur Kari Krome, auteur dont le style lui plaît. Ce qui le séduit aussi, c'est que Kari à le projet de monter un groupe entièrement féminin. Elle a déjà dans ses bagages son amie Joan Jett, guitariste, qui vient de fonder un ensemble avec Sandy West, sa copine batteuse. Kari, Joan et Sandy forment donc l'ossature de ce groupe en gestation, mais Fowley se rend vite compte que Krome n'est pas à sa place derrière un micro. Manque de charisme, de voix, de sensualité, de tout. Elle est alors mise au placard et Miki Steele la remplace, assurant aussi la basse... Lita Ford, seconde six cordiste rejoint le navire en soutien de Jett, car plus à l'aise en solo, mais Steele ne reste pas longtemps... Elle est aussi remplacée par la jolie Cherie Currie, puis avec l'arrivée de Jackie Fox, le quintette est enfin au complet. Le lear jet glamour de Fowley peut enfin décoller.

Son idée ? Cinq très jeunes filles, jolies, pas farouches, jouant de leur instrument. Le truc assez inédit en fait, même si certaines par le passé avaient déjà prouvé être capables de se débrouiller seules. Oui mais comme d'habitude, Kim allait pousser les choses à leur paroxysme. SON groupe allait jouer plus fort, être plus provocant, plus sexy et plus explosif que n'importe quel girl band ayant déjà foulé une scène sans se faire mettre à poil. Avec son carnet d'adresse, le deal ne tarda pas à tomber. Alors que certaines dans le groupe n'avaient même pas encore terminé l'apprentissage de leur instrument, Kim avait déjà de grands desseins pour elles... Ainsi naquirent sous l'impulsion d'un des plus grands barges libertaire des 70's les RUNAWAYS. Fugueuses ? Malin le Fowley... Oui, les fugueuses. Celles qu'on aimerait bien prendre en stop et ramener chez soi... Mais qui étaient elles ?

Les RUNAWAYS, c'était donc suivant leur ordre d'intégration dans le groupe Joan Jett, 17 ans, Sandy West, 16 ans, Lita Ford, 17 ans, Cherie Curie, 16 ans et Jackie Fox, 16 ans aussi. En gros, des gamines même pas sorties de l'adolescence qu'on allait jeter en pâture à un public à la curiosité turgescente.
Rassemblées fin 1975, elles sortent leur premier album en 1976, merci Kim et son carnet d'adresses (leur jeune âge sera d'ailleurs indiqué fièrement sur la pochette arrière, encore un gimmick plus ou moins douteux...). Mercury accepte de sortir leur LP, mais l'affaire fait long feu... Car Fowley est précédé par sa réputation désastreuse, et beaucoup le voient comme un dictateur régissant tous les détails de la carrières de ses jolies juments. Ce qui, au demeurant, n'était pas totalement faux.

Le disque fit un sacré flop, apparaissant timidement au bas des classements. Rejeté par les uns, écoeurés par ce procédé à la limite de la pornographie (certaines séances photo n'étaient vraiment pas adaptées à l'âge des modèles), par l'exploitation de cette pauvre gamine blonde qu'on faisait déambuler à moitié nue sur scène (le problème se posera à nouveau dans les 80's avec BOW WOW WOW et Annabella Lwin), et par les autres, les fans de Rock qui avaient sérieusement l'impression de se faire enfler par un jailbait band à peine capable de jouer...

Ok, elles étaient sexy, jolies, à moitié nues, mais... Et la musique dans tout ça ?

"Hello, daddy. Hello, mom.
I'm your ch-ch-ch-cherry bomb!
Hello world! I'm your wild girl.
I'm your ch-ch-ch-cherry bomb!"


Ca commençait comme ça justement, avec un des trucs les plus Rock et instantané qu'on ait jamais entendu. "Cherry Bomb" ouvrait le feu, et le mettait justement. Et ce morceau donnera d'ailleurs bien des idées quelques années plus tard, lorsque Anita Chellemah, Andy McCoy, Nasty Suicide et Terry Chimes se chercheront un nom de baptême.
Il fallait laisser une trace, et prendre le fan potentiel à la gorge. Mais en 1976, les RUNAWAYS se retrouvaient coincées entre deux courants. Le Rock tout d'abord auquel leurs guitares swinguantes ou tranchantes rendaient hommage de façon rudimentaire, et le Punk naissant, que leur naïveté et leur jeu primaire trahissaient sans peine. Le cul entre deux chaises n'était pas la meilleure position. Trop directes et provocantes pour le Rock poussif et exsangue des 70's, trop sexuées et conceptuelles pour les premières hordes Ramonisantes, les RUNAWAYS furent vite réduites par l'intelligentsia à un simple gimmick né du cerveau fécond mais un peu dérangé de Fowley.

Après tout, pour l'Amérique encore bien pudibonde, cinq potentielles pom pom girls parlant de cul, d'alcool, de défonce et de vie dans la rue, c'était encore un peu trop.

Et pourtant, The Runaways reste encore aujourd'hui un des meilleurs albums d'une période charnière des mid 70's. Le Swing plein de stupre Bolanien de "Is It Day Or Night?" et "Lovers", le boogie crade et sentant la fesse trempée au whiskey de "You Drive Me Wild" et "Blackmail", digne des barbes des ZZTOP, le binaire à la mélodie simple et sans fioritures de "American Nights", qui n'allait pas tomber dans l'oreille sourde de Richard Hell lorsqu'il allait composer "Love Comes In Spurts", et même la longue digression finale "Dead End Justice", finissant comme un poème de la rue s'écrasant sur sept minutes offrant de belles démonstration en solo et un rythme soudain martial, tout ça était élémentaire, mais salvateur. Sexuel, mais jouissif, et pas seulement visuellement.
Alors, affirmer ici que l'implication envahissante du mentor Fowley avait plombé le projet dès le départ... C'est possible. Affirmer qu'avec des tenues un peu moins provocantes et une emphase un peu plus soft sur la chose, les cinq filles auraient moins choqué, et donc plus séduit les masses encore un peu trop prudes, en est aussi une autre.
Il n'en reste pas moins qu'en 1976, les RUNAWAYS ont redéfini le Rock, par essence, en le ramenant à des préoccupations moins centrifuges, et plus centripètes, en le redistribuant généreusement, en donnant de leur personne. Je pose ici une question existentielle. Qui, de nos jours serait éventuellement capable de produire et balancer avec une telle hargne une chose aussi délicieusement pétillante que "Cherry Bomb" sans passer pour une abrutie rétrograde ? La levée de boucliers de féministes enragées ne laisserait même pas le temps à ces inconscientes de finir le premier couplet...

Alors, j'y reviens encore une fois. Quelle place pour les femmes dans le Rock ? Une place comme les autres. Devant, acclamées par tous et toutes. Il est simplement dommage que ces demoiselles aient abusé de leur arme fatale en suivant les exigences d'un producteur mâle. J'aurais préféré qu'elles le fassent d'elles mêmes.
Mais après tout ça, il fallait bien choisir. Joan Jett traîna dans le Punk, produisant les GERMS, Currie partie en couille en solo, et Ford/West optèrent pour le Metal, moribond à l'époque. On retrouva surtout les deux guitaristes dans les années 80, pour des disques hautement dispensables. So long baby...
Mais même sans l'image, même sans imaginer Cherie et ses tenues de scènes ouvertes et moulantes, il n'y a aucune difficulté à aduler ce premier album aussi indispensable et cathartique qu'une révolte d'adolescente qui veut vivre sa vie, et s'amuser. Boire et baiser, tailler la route et jouer de la musique. Tout ça, et bien d'autres choses. Aujourd'hui comme hier d'ailleurs. Mais aujourd'hui, la musique est triste. Des filles de 17 ans en cuir, ça ne choque plus personne à l'heure ou les teenagers se bombardent de selfies dans des tenues toujours plus improbables, voire sans. Fuck...

Et puis après tout, on peut y retourner, quand on veut. Leur histoire à tellement marqué, qu'on leur a dédié un film, pas si mal d'ailleurs. Mais si vous voulez connaître leur histoire, regardez plutôt l'excellent docu Edgeplay: A Film About The Runaways. Elles assuraient nos fugueuses après tout. Et surtout, n'oubliez jamais ces mots de Cherie:

"Stone age love and strange sounds too.
Come on, baby, let me get to you.
Bad nights causing teenage blues
. Get down ladies, you've got nothin' to lose."



Ajouté :  Jeudi 19 Février 2015
Chroniqueur :  Mortne2001
Score :
Lien en relation:  The Runaways Website
Hits: 2604
  
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