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SMOHALLA (FRA) - Slo (Nov-2011)


En cinq ans, SMOHALLA a su laisser quelques traces et bonnes impressions avec son Metal sombre et alambiqué, source de compositions à l’écart du temps et des codes du genre. Gravitant autour de Slo, principal agenceur des éléments expérimentaux et déroutants, parfois jouant sur la bizarrerie, le fantasque, ou l’oppression, les autres membres de ce projet participent à ce méandre de sonorités imprévisibles en renforçant la complexité de l’atmosphère, chacun dans son coin de l’Hexagone. La concrétisation de ce premier album permet au trio d’exposer au plus grand nombre ses intentions et visions artistiques, même si pas forcément des plus accessibles. L’on profite ainsi de l’occasion pour s’accaparer Slo quelques instants, histoire de rentrer plus en profondeur dans ce groupe aussi énigmatique que sa musique, et dont le concept s’épanche en une métaphysique profonde, et troublante. L’homme évolue, d’ailleurs, lui aussi, dans une toute autre réalité. Voyez par vous-même.

Line-up
: Slo (Chant, guitare, batterie, claviers), Camille (Basse), A.L. (Claviers, ambiances)

Discographie : Smolensk Combustion (démo - 2006), Nova Persei (EP - 2007), Noyade Céleste (split album - 2009), Resilience (album - 2011)



Metal-Impact. Bonjour SMOHALLA. Tout d’abord, merci d’avoir accepté cette interview. Je suis Antoine (CyberIF. sur le webzine) et je me suis occupé d’analyser votre premier album. Mais, avant d’en parler, peux-tu revenir sur ton parcours personnel, et ce qui t’a donné envie de faire de la musique ?
Slo. Je ne sais pas pourquoi, exactement, j'en suis venu à faire de la musique. Il y a tellement d’éléments qui restreignent, contraignent un homme, que tout le monde est obligé de trouver son truc pour ne pas voler en éclats, ou griffer des visages anonymes dans la foule. Il y avait quelques instruments chez moi, appartenant à ma sœur qui est musicienne pro. Avant de savoir jouer je les empruntais, j’improvisais avec, je m’enregistrais en superposant les pistes avec une platine double cassette, au piano ou à la guitare sèche, et avec des percussions. Je devais avoir 12 ans, et ça a été le début de tout.

MI. Pour votre dépucelage chez Metal Impact, je te propose donc de présenter l’histoire de la formation. Comment vous êtes-vous connus, la décision de fonder un groupe, pourquoi avoir choisi cette orientation pour votre musique, etc… ?
Slo. L’histoire de ce groupe est une histoire dans l’histoire, des relents de créativité façonnés à partir de tout et de rien, aidés par d’autres personnes - comme Camille - pour les parties de basse, même si son rôle ne se limite pas qu’à ça. Comme dit plus haut, j’ai toujours composé et enregistré ; cet univers particulier se déstructure et se développe dans ma tête depuis toujours, et SMOHALLA en est le visage concret le plus abouti. Je ne dis pas que ce projet est le reflet de ma personnalité, ni de mon caractère, mais plutôt celui de mon âme et de mon inconscient. Quand je compose je sors littéralement de mon corps, je n’existe qu’à travers les sons que mon esprit ou le hasard me font découvrir. Et j’aime ça, mmmmh.

MI. Vous avez changé de label depuis votre EP. Qu’est-ce qui a amené cette signature avec Arx Productions, petit label ukrainien underground ? Les labels plus importants n’ont pas été convaincus par votre musique ?
Slo. En fait, il y avait pas mal de labels intéressés. Mais il fallait sortir Résilience en 2011. Et Alex de Arx Prod a été de suite ok pour sortir l’album très rapidement. Après, notre style est quand même très particulier, ne plaît pas à tout le monde, donc il y a quand même une part de risque. Mais l’important était vraiment de sortir l’album cette année ; 2011 représente les 5 ans du groupe, je me fais vieux et j’ai toujours privilégié la composition, et l'enregistrement brut de mes idées, au reste - à savoir l’accomplissement et la diffusion. En fait, quitte à paraître prétentieux, j'ai voulu marquer, et prouver, que si les choses tournent en rond ce n’est pas que tout a été déjà fait, loin de là, mais que la plupart des cerveaux sont endormis ou abrutis. Tout comme le mien dans bien des domaines d’ailleurs. Mais j’ai l’impression, depuis les débuts du groupe, d’avoir créé quelque chose d’unique, que l’on aime ou pas et, en 5 ans d’existence, nous ne disposions pas encore d’un album complet avec une production adaptée. Voilà qui est chose faite, je suis plus que fier du résultat, la moindre note et la moindre ambiance de Résilience sont à leur place et forment un tout, aussi bien cohérent que complètement déphasé. On aura mis le temps, mais pour le coup j’ai vraiment l’impression d’avoir accouché d’un monstre. Je ne citerai pas de noms, mais on a eu quelques galères et perdu pas mal de temps à cause de certains labels. Mais ça fait partie du jeu, et au final ça m’aura permis de peaufiner la bête et de rajouter beaucoup d’éléments sur la plupart des titres.

MI. Pas mal de fans (et pas que français) semblent attendre ce premier album - d’après Facebook et Last.fm - cela vous enthousiasme-t-il ?
Slo. Oui, je suis très excité, il m’arrive d’y penser, seul, allongé sur mon lit, j’ai la tête dans les nuages et une main sur le cou, j’ouvre ma paume et j’enveloppe ma gorge au maximum, sans serrer. Je place ma paume de manière à ce que la pomme d’Adam se trouve pile au creux. A ce moment-là, j’essaie de lécher le dos de ma main, ou du moins de le toucher avec ma langue, mais je n’y arrive jamais. Et l’excitation grandit alors, devant l’impossible accomplissement du geste… Non, honnêtement je suis assez touché de voir que beaucoup de personnes qui étaient là depuis nos débuts sont toujours derrière nous. Des personnes comme Dave de 3 DAYS OF SILENCE, les membres de WAY TO END, Raph de SAEL, Brett de JUVENILE BAROQUE SLAUGHTERHOUSE, les PRYASPISME, Arco aux Pays-Bas, qui monte son label Architects Of Tomorrow’s End et beaucoup d’autres… Je ne suis pas quelqu’un de très expressif mais j’avoue être très touché par les personnes qui manifestent leur avis, on ne fait pas de concerts donc on ne peut pas parler de rencontre avec le public, alors les échos positifs font toujours plaisir. Les échos négatifs ne sont pas déplaisants non plus.

MI. Que représente, pour vous, la sortie de Resilience ? L’achèvement de plusieurs années de galère à vouloir absolument créer la musique qui vous fait vibrer, ou bien une étape naturelle en tant qu’artiste, qui permet de laisser votre patte dans le fil du temps ?
Slo. Il y a beaucoup de vrai dans ta première perspective en fait. On a mis énormément de temps ; l’album aurait pu sortir plus tôt d’ailleurs, mais le son, les arrangements, auraient été beaucoup moins développés. Il y a trois ans de travail sur cet album, de recul, de modifications, d’ajouts... A ce titre, il est difficile à appréhender, au début. La cohérence de l'album, qui elle aussi s’est modelée avec le reste, est évidente à mes yeux, mais pas forcément pour tout le monde, et pas forcément de prime abord. Pour moi, la sortie de Résilience représente beaucoup. D’abord comme l’accomplissement d’un travail important, d’un long voyage. Les étapes de ma vie sont toujours ponctuées d’accomplissements musicaux. Ils sont autant des chapitres que des gardiens d’une période que je veux voir révolue. J’aurais souhaité sortir l'album plus tôt et me consacrer à d'autres compo, mais je voulais que Résilience soit le plus "parfait" possible, et comme un monstre d’aura insaisissable, qu’il ouvre des nouvelles portes, qu’il m’amène le plus loin possible du palpable, emportant avec lui ceux qui veulent partir aussi. Il est indéniable aussi, pour cette histoire de laisser sa trace dans le temps, que tout homme, artiste ou pas, à toujours cette idée en tête. Ou du moins dans un coin. Les jours pairs, je m’en fou et j’aimerais que tout humain, ici-bas, oublie mon existence ou fasse comme si je n’étais pas là ; les jours impairs je me dis "ok, ma vie est merdique parce que mon cerveau n’est pas doté des bons outils et du bon raisonnement pour évoluer correctement ici, mais regardez ce dont un esprit malade peut être capable de créer". Bon, mais je ne suis pas dépressif hein, j’aime la vie.

MI. Ce qui m’a tout de suite plu, avant même d’écouter votre musique, c’est votre imagerie. Au regard de votre livret, vous avez des illustrations assez conceptuelles et des choix de titres avec de la prestance, dégageant quelque chose de spécial rien qu’à leur lecture. Pouvez-vous m’en dire plus sur la construction de cette identité extra-musicale ?
Slo. Tout est le résultat d’une démarche conceptuelle personnelle, mais pas aussi hermétique qu’il n’y parait. Déjà, je peux te dire que la cohésion naît du sens, à savoir si tu suis un fil conducteur, en l’étoffant et en le nourrissant, mais en gardant une même trame, tout se développera naturellement, suivant ton cerveau, en restant figé ou en déviant, mais toujours en allant vers le même sens. Que ce soit pour la musique, les arrangements, les visuels, les paroles, ou même plus récemment la vidéo, il s’agit juste d’étendre les tentacules du même poulpe géant. En tout cas, l’artwork n’a jamais été aussi riche et peaufiné par rapport à nos précédentes réalisations, j’ai enfin l’impression d’avoir un objet professionnel, riche en personnalité, et adapté. Le fait de m’en occuper moi-même par le biais de ma boite de graphisme - Unreal Visions Design - et d’avoir beaucoup progressé dans ce domaine depuis quelques temps, y est évidement pour beaucoup. Chaque illustration du livret illustre et complète les paroles, ce qui aide l’auditeur à se plonger plus facilement dans notre monde, puisque guidé par plusieurs vecteurs différents. Il suffira aux personnes qui ont acheté le CD de fouiller des yeux toutes ces icônes, et de les comparer aux paroles.

MI. Le logo, sur votre pochette, m’a directement fait penser au symbole des Illuminati. Y a-t-il un lien, ou est-ce juste une coïncidence ?
Slo. Aucun lien non. On m’a déjà fait la remarque, l'œil n’est pas dans la pyramide, mais effectivement ça peut prêter à confusion. En fait, le cube céleste, jonché sur des fragments de matière, et de non-matière, éparses, illustre la conscience. Ou, plus précisément, un certain état de conscience. Il surplombe autant qu’il englobe, il régit autant qu’il est façonné, mais à l’inverse de beaucoup d’éléments qui le briment, ou l’exaltent, son état de conscience est avancé. Les pistes de l’album sont autant de marches à suivre qui pourront guider les auditeurs pour toucher la résilience. Autant de renoncement que d’acceptation, bien souvent un mélange des deux. Je suis moi. Je suis aussi ce que le monde veut que je sois. Je suis aussi ce que le monde ne voudra jamais que je sois. Au-delà de tout ça, je sais que j’existe. Les plumes sur le cube symbolisent le mouvement vers le haut, donc une volonté de s’élever au-dessus de la surface, et le triangle les trois étapes d’une existence : création, vie, et fin. Les cercles désignent des cycles, qui tournent, changent, tournoient autour de cette vie. Il y en a deux comme le symbole d’infini divisé, ils sont ces souffles coupés, suspendus, ces éternités fragmentées qui nous emportent sous leurs ailes parfois.

MI. Nova Persei faisait partie intégrante d’un concept décliné sur plusieurs œuvres inspirées de H.P. Lovecraft, sorties par le biais de God Is Myth Records. Resilience suit-il, lui aussi, un concept particulier ? Derrières vos paroles énigmatiques et métaphores ésotériques, quels sont les thèmes qui guident cet album ?
Slo. Au niveau des paroles, on peut presque parler de concept oui, puisque chaque chanson est une étape, une marche d’un même escalier, comme illustrant les huit étapes qui aident à parvenir à la résilience. Les textes ont été écrits pour fonctionner de manière individuelle, chacun ayant sa propre trame, son propre champ lexical, ses propres images, mais font partie d’un tout pour accéder au même but. A ce titre, les auditeurs peuvent à la fois se positionner en tant que simples spectateurs sonores, ou d'une manière plus profonde, rentrer dans notre son, se frayer un chemin entre toutes ces couches et participer, en vibrant, s’évadant, et en imaginant leur évolution à travers leurs propres images.
« L’Homme Et La Brume », par exemple, est une chanson sur la mort. L’homme s’est toujours inquiété de la pérennité de son esprit. Il a toujours fait appel à des croyances, toujours interprété des signes et donné sa foi en des personnages mythologiques pour se faire croire lui-même à l’éternité de son âme. Ici dialoguant avec la brume - qui symbolise toutes ces entités irréelles, que l’on peut parfois voir, et pour lesquelles on laisse son interprétation de certains éléments fonctionner en adoptant un point de vue religieux, mais que l’on ne peut toucher ou saisir - il s'interroge. Arrivé à la fin de sa vie, il s’inquiète sur son sort post-mortem. Sa vie n’a pas forcément été fidèle aux principes qui devaient lui assurer immortalité, réincarnation, ou ascension aux cieux. Il voudrait effacer ses souvenirs pour paraître pur à nouveau devant les gardiens de ses croyances. La Brume, qui n'est au final qu’un élément naturel, et matériel, même si impalpable, lui répond qu’aucune suite ne l’attends, que la mort signifiera la fin de tout, le néant, la non-existence, comme avant qu’il ne vienne au monde. Son seul espoir réside dans le fait de perpétuer la race humaine par le biais de ses enfants, sa chair et son sang. L’homme, apeuré à l'extrême par l’idée de ne plus vivre, angoissé par cette notion de néant, supplie la Brume de rentrer en lui, de lui insuffler une prolongation, même dans la mort, pour faire vivre encore ne serait-ce que son inconscient par le biais des rêves. Finalement, la Brume lui concède une certaine forme d'éternité, en modulant cette dernière seconde avant laquelle son corps d’humain s’éteindra, en la changeant en "toujours". Ce dernier instant avant de mourir, puisque suivi de rien, et de toujours, est finalement une forme d’éternité que l’homme se voit accorder.

MI. On a vu que Lovecraft pouvait vous inspirer, y a-t-il d’autres auteurs, également, qui influencent votre univers musical ? Et du côté du cinéma ?
Slo. Beaucoup d’univers visuels et textuels peuvent m’influencer. Certains films de Terry Gilliam, Bunuel, les expérimentations de Kenneth Anger, Cocteau (surtout son premier film), Gummo d’Harmony Korine, beaucoup de films d'épouvante des années 70 comme The Omen, Phantasm, Chromosome 21, ou Candy Man 1 et 2 qui possèdent une ambiance et une bande originale exceptionnelle par Philip Glass, qui m’a beaucoup influencé. Trop de références me viennent en tête à vrai dire, je pourrais écrire des paragraphes entiers. Même en bandes dessinées, je pourrais parler de Philippe Druillet ou Moebius.

MI. Depuis votre EP, vous êtes revenus sur des paroles en français. Qu’est-ce qui a entraîné cette décision ?
Slo. Le choix de s’exprimer sans masque déjà. En fait, ça peut fermer des portes mais les paroles ont pris beaucoup d’importance dans SMOHALLA après Smolensk Combustion. Pour moi, ça donne beaucoup plus de force au chant, beaucoup plus de vie aussi. Les accentuations, les vibrations, et même les arrangements qui peuvent en découler sont forcément mieux mis en valeur, plus adaptés, parce que mon anglais n’est pas très bon. Sans parler du vocabulaire, qu’on connait toujours mieux dans sa langue natale, non seulement significativement, mais aussi phonétiquement. Et le français est une langue assez lyrique, ce qui convient parfaitement à notre musique.

MI. Comment avez-vous abordé le processus de compositions sur cet album ? L’improvisation était-elle toujours de mise ?
Slo. Oui, beaucoup de pistes de batterie ont encore été improvisées, et assimilées comme bases. A l’inverse, d’autres éléments ont été d'abord programmés sur des séquenceurs, ou composés à la guitare. Pas de règles, mais un foisonnement d’idées capté avec différentes méthodes. Chaque titre possède sa propre histoire, son propre cheminement et ses propres expérimentations. Le laps de temps entre le début et la fin de l’enregistrement de cet album a été grand, donc la palette de sons et d’ambiances différentes est vaste.

MI. Vos pistes changent constamment, évoluant entre chaos et atmosphères étranges, parfois angoissantes, mais toujours envoûtantes. Que cherchez-vous à transmettre au travers de cet album ?
Slo. Une maladie pour les ingrats et un remède pour les justes. Les gens qui n’aiment pas notre album auront la lèpre. Je suis content de lire ces mots, dans ta question. Je recherche souvent ces sensations, dans d’autres arts, dans d’autres groupes, ou quand je compose. Le chaotique, l’étrange, l’envoûtement, et peut être plus encore que tout ça, la magie. Depuis que je suis vivant, je suis à la recherche de la magie – l’étincelle, le souffle. Il y a une exaltation presque surnaturelle, de forme variable suivant le contexte, mais d’un même ordre, que tu pourras retrouver autant dans un orgasme, une communion, une écoute, ou une création musicale, qui te donne vie, sublime ta condition d’humain pendant un moment, te délivre d’une cage, te libère d’un état négatif. Tu passes de ramper à voler, ou flotter. Une lévitation qui nous emporte et nous soulage, une contemplation avec laquelle tu peux participer.

MI. Est-ce nécessaire, pour vous, de créer des pistes aux structures denses et alambiquées ? Quelle est la composition dont vous êtes les plus fiers ?
Slo. C’est nécessaire pour ressentir ce que je veux ressentir. Après on aime ou on n’aime pas. Mais il n’y a rien de superflu ou de déplacé à mes yeux, chaque élément est à sa place. Pour le titre préféré, ça dépend de mes humeurs, mais je préfère ne plus trop bloquer sur l'album comme j'ai dû le faire pour le mixage, beaucoup de nouveaux titres sont en cours.

MI. Comment s’est déroulé l’enregistrement ? Avez-vous rencontré des soucis particuliers ?
Slo. Après le stade des démos, j’ai réenregistré la batterie chez mon ami Max, qui jouait de la basse sur un titre de Nova Persei. Un grand merci à lui pour son soutien depuis le début d’ailleurs. Tout le reste a été fait à la maison - claviers, chants, basse, etc... Et les parties de guitares ont été reampées à l’Echoes Studio, par Iconoclast, qui officie dans SAEL et d'autres projets qui méritent toutes les attentions. J’aurais beaucoup aimé avoir l’opportunité d’enregistrer tout l’album chez lui. Le mastering du Whorship Studio nous a aussi bien aidés à obtenir ce son à la fois chaotique, mais où tu peux discerner chaque élément, au fur et à mesure des écoutes.

MI. De nombreux guests sont crédités pour les voix, ou les claviers. Sont-ils des amis proches qui étaient désireux de vous aider dans votre projet ?
Slo. Oui, tous les invités de l’album sont des amis ou connaissances. En fait, j’avais deux critères : trouver des personnes qui aimaient déjà SMOHALLA - je ne voulais pas d’une apparition forcée, de politesse ou pire encore d’autopromotion ; il fallait que tout soit le fruit d’une volonté réciproque. Il fallait aussi que les participants aient l’habitude d’évoluer dans un univers musical intéressant : autant pour N. Sandoval avec NUMENOR ou ses autres travaux, Damien et son fabuleux groupe HKY, et bien sûr IMMEMORIAL, ou Mathieu et ARMS OF RÂ... J’aime tous ces groupes et je suis très content des différentes colorations et enrichissements qu’ils ont su apporter. J’ai écrit les paroles, mais tout le monde a composé ses propres parties ; il y avait parfois des modifications à faire mais il fallait que les interprètes soient aussi les compositeurs de leurs apparitions. Oscar Martin, chanteur et guitariste dans AS LIGHT DIES, est espagnol et il a dû travailler sa prononciation pour chanter français. Je suis tellement heureux du résultat, le ton que son accent confère est quasi religieux, incantatoire et colle parfaitement à l’esprit du titre, « Le Repos Du Lézard », qui n’est au fond qu’une prière. Et je suis d’autant plus fier de lui quand je vois le travail monstrueux qu’il a fourni dans le dernier album d’AS LIGHT DIES, Ars Subtilior From Within The Cage. Cet album est un chef d’œuvre du Metal Extrême Progressif.

MI. De manière plus globale, que te permet d’exprimer la musique, comment l’appréhendes-tu ?
Slo. La musique est un art complètement pluridimensionnel et peut exprimer et faire ressentir autant d’émotions que de pensées, de souvenirs, d’idées, de réflexions... Suivant d’une part ton humeur et, d’autre part, ce que tu écouteras, l’expérience peut être tellement différente. Quand expérience il y a, à savoir quand la musique n’est pas juste un fond pour une autre occupation. C’est vrai que dans notre sphère musicale, beaucoup de groupes restent campés sur une même optique, une même vision. Je n’ai pas de problème avec ça d’ailleurs, ça représente beaucoup de ce que j’écoute et il faut de tout, même des nonnes qui marchent sur les mains en se chiant dans la bouche. Mais il y a d'autres groupes, comme nous, qui, je trouve, ne vont pas forcément te faire ressentir les mêmes choses suivant les passages que tu écouteras. Les transitions sont parfois abruptes, parfois plus progressives, mais tu ne vas pas forcément errer dans les mêmes vibrations.

MI. Vous avez fait le choix d’un montage de plusieurs séquences vidéo (sur l’homme, la nature, des images de chaos, d’autres fantasmagoriques) avec l’incrustation de quelques-uns de vos symboles apparaissant dans le livret, pour le clip de « Le Repos Du Lézard ». Peux-tu expliquer ce qui a orienté votre décision vers ce type de vidéo, et quelle signification y recherchiez-vous ?
Slo. J’ai juste voulu accompagner d’impressions visuelles ce titre, en l’illustrant avec des extraits vidéo adéquats. De manière imagée ou pas, tu peux tout simplement retrouver les paroles illustrées, du moins une impression de ces paroles illustrées. C’est dans cette optique qu’il faut regarder le clip. J’ai un peu de mal avec les clips tape à l’œil, mais qui n’ont rien à voir avec la musique. Soit tu montres le groupe lui-même - ce qui souvent, d’ailleurs, ne représente pas grand intérêt - soit tu rentres dans le titre et tu apportes quelque chose de plus du même univers. Même si tu choisis de faire quelque chose de très abstrait, tant que visuellement ça colle ou complète…

MI. Vous commencez à avoir une bonne collection de compositions. Prévoyez-vous, un jour, de monter sur scène pour partager votre musique d’une façon différente ?
Slo. J’y pense et puis j’oublie.

MI. Outre SMOHALLA, faites-vous partie d’autres formations ? Si oui, je te laisse les présenter.
Slo. Camille joue dans STAGNANT WATERS, avec des membres de PRYAPISME et FLEURETY ; l’album devrait arriver bientôt, et va faire chambouler plus d’une tête, c’est complètement taré, moderne, et inédit. Il joue aussi dans DREAMS OF THE DROWNED, qui s’est taillé une bonne réputation avec Thanatotropic Principle, mais qui mérite beaucoup plus d’attention. Au milieu de tous ces groupes qui mélangent Black Metal avec cet esprit Post Punk typique des années 80, tous très suaves et lancinants, DOTD ont vraiment trouvé un compromis unique avec beaucoup plus de violence, une force brute, assez crue et très puissante aussi. D’ailleurs l’album est téléchargeable gratuitement sur le net. Et, pour ma part, je fais la batterie dans un groupe de Slowcore/Noise, DIVINE IRAE, ce qui me permet de faire quelques concerts.

MI. Qu’envisagez-vous maintenant que votre premier album est sorti ? Vous remettre aussitôt à la composition d’autres morceaux, faire avancer quelques side projects, ou bien vous exiler dans un temple abandonné pour entamer de longs mois de méditation fusionnelle avec les lézards ?
Slo. J’envisage sérieusement de créer un nouvel ordre qui inclurait comme précepte l’obligation universelle de se déplacer nu en sandales pour aller acheter à manger, et le fait de devoir lécher la joue de chaque personne croisée sur le même côté d’une route, et pourquoi pas des gifles obligatoires décernées aux personnes de plus de 75 ans à chaque fois qu’elles utiliseront des mots de plus de trois syllabes.

MI. 2011 touche à sa fin. Quels sont les albums qui t’ont marqués ou, au contraire, déçu ? As-tu des attentes particulières pour cette fin d’année, ou pour 2012 ?
Slo. En 2012, cyber-Jesus va chevaucher l’arche de la rédemption éternelle et botter quelques culs de païens égarés, aidés des justes qui feront le ménage à cœur joie dans les bordels du monde entier. Et si vous n’avez pas votre invitation pour être à bord, dépêchez-vous d’aller implorer la première petite vieille qui passera, le mot de passe est "suce-moi mamie".

MI. S’il reste un élément qui te tient à cœur et dont tu aurais aimé parler, mais qu’aucune question n’y faisait référence, je t’invite à le faire ci-dessous.
Slo. Il pleut beaucoup ici et maintenant, il y a des gouttes d’eau qui tombent sur le sol de ma chambre. Un voisin éloigné et gros est en train de tripoter sa copine. Nous sommes dimanche.

MI. Finalement, cette salve de questions arrive à son terme. Je te remercie pour ton temps et tes réponses. Espérons que votre premier album fasse son chemin jusqu’aux oreilles des amateurs de musique atmosphérique à la fois sombre et envoûtante, et qu’il vous offre aussi de nouvelles opportunités. Les lecteurs de Metal Impact sont à toi désormais. À bientôt !
Slo. A bientôt et merci pour tout Antoine. Lecteurs de Metal Impact, soyez tous gentils avec vos mamans.


Ajouté :  Mardi 17 Janvier 2012
Intervieweur :  CyberIF.
Lien en relation:  Smohalla Website
Hits: 7098
  
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