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NICOLAS CASTELAUX (FRA) - Auteur (Mai-2010)


Si vous êtes un fidèle lecteur de notre rubrique « Book Reviews », le nom de Nicolas CASTELAUX vous dira sans doute quelque chose. Artiste multicartes, tantôt peintre, illustrant de ses œuvres le célèbre « Serial Killer Calendar » américain, tantôt écrivain à la plume corrosive, Nicolas ne saurait être enfermé dans un carcan quelconque. On peut contester et détester son style, mais il faut lui concéder une patte unique, qu’il s’agisse de graphisme ou d’écriture. Il se livre dans cette interview sans détour, fidèle à lui-même, et répond à mes questions sans faux fuyant. Il évoque tour à tour des sujets qui lui sont chers, les tueurs en série bien sur, mais aussi le Metal, la société, l’Amérique. Et du coup, n’en devient que plus attachant. Mais après tout, comment ne pas aimer un homme qui a écrit un livre de recettes cannibales ???

Bibliographie Camion Noir
: MAYHEM & BURZUM : A Feu et à Sang (1er janvier 2010), RICHARD RAMIREZ : Le Fils Du Diable (10 Mars 2009), JE TUE DONC JE SUIS : Ecrits et Dessins de Serial Killers (1er décembre 2009)


Metal-Impact. Bonjour Nicolas, alors tradition oblige, tribune libre pour toi, c’est l’occasion de te présenter et d’exposer ton travail aux lecteurs.
Nicolas Castelaux. Je suis peintre, et écrivain. J’ai écrit une biographie de Richard Ramirez, un livre de cuisine cannibale, une biographie du groupe MAYHEM, et en ce moment je planche sur le récit des exploits de Ted Bundy. J’ai illustré le « serial killer calendar », et certains livres américains de criminologie.

MI. Quelles sont tes influences en tant qu’illustrateur et écrivain ?
Nicolas. Pour la peinture, c’est Joe Coleman. Pour l’écriture, j’ai une certaine fascination envers Chuck Palahniuk. C’est le seul auteur de fiction qui retient mon intérêt plus de dix pages. Mais le gros de mes lectures, c’est des trucs improbables du genre manuels pratiques des techniques d’embaumement, études sur le nanisme, confessions de médecins légistes et autres vilénies. Ma bibliothèque se concentre sur des zones obscures du cerveau humain…

MI. Comment en es tu venu à collaborer avec Camion Noir ?
Nicolas. Ca s’est fait par l’intermédiaire de mon voisin et ami Jean-Paul Bourre, qui a sorti plusieurs ouvrages chez eux (NDI : Sexe, Sang et Rock N’ Roll). Ils cherchaient quelqu’un pour explorer le versant « serial killers » de leur collection. Et ça a fait « Bingo ».

MI. Quel regard portes-tu sur leurs publications ?
Nicolas. Ils ont eu les couilles de sortir des trucs que je n’aurais jamais cru possible de voir en France. C’est très frais, ça apporte une vraie liberté de choix au lecteur qui s’intéresse aux sujets qui fâchent. Les autres éditeurs s’auto censurent en permanence. Au moins, chez Camion Noir, je sais que mes textes sortent tels quels.

MI. Nous allons bien sur parler de tes livres, commençons avec « Mayhem et Burzum, à feu et à sang », qu’est ce qui t’a donné envie de donner TA version des faits, sur cette page de l’histoire du Black Metal sur laquelle beaucoup ont déjà glosé, avais tu l’impression de pouvoir apporter quelque chose de neuf ?
Nicolas. Ce que j’ai apporté, c’est du détail, et un souffle épique sur l’histoire de ces deux groupes fondateurs. Et au-delà de ça, proposer le premier vrai regard gonzo sur l’univers Black Metal. Aller au-delà des évidences et des préjugés que les médias ressassent sur le sujet, pour offrir une vision purement Rock N’ Roll de la chose. En clair, donner de la chair et des tripes à ce qui reste avant tout des icônes dépassées par leur propre légende.

MI. Si tu devais en parler, en tant qu’homme et non qu’écrivain, comment jugerais tu toute l’affaire de l’Inner Circle Norvégien ?
Nicolas. Et bien ma foi, tout cela fut fort divertissant, au début. Ca donnait un feeling de fin du monde au début des années 90. Je ne juge ni Vikernes, ni Aarseth. Ce qui c’est passé ne regarde qu’eux, en fin de compte. C’est débile de prendre parti pour l’un ou pour l’autre. Ce sont juste deux gamins gonflés de testostérone qui se sont entretués pour une lutte de territoire. Ce que cela a engendré est par contre beaucoup plus passionnant.

MI. N’es tu pas frustré qu’aucun des protagonistes de cette affaire n’ait pu collaborer avec toi par manque de temps ?
Nicolas. Non, car j’ai eu de l’aide d’autres personnes impliquées de près ou de loin. Mais d’après mes informations, il y aura plus de participants pour la version anglaise qui est en train d’être traduite.

MI. Quel regard portes-tu sur la scène Black Metal contemporaine ? Ne crois tu pas qu’elle n’ait perdu cet esprit « Evil » qu’Euronymous affectionnait tant ?
Nicolas. Il y a quelques groupes encore intéressants, SHINING, WATAIN… Mais j’avoue que je suis à la rue en ce qui concerne ce qui se fait maintenant. Ma playlist n’a pas changée depuis 1994. Le seul truc qui change, c’est que maintenant je l’écoute sur un lecteur MP3, et plus sur des compiles de cassettes.

MI. Parlons maintenant de RICHARD RAMIREZ : Le Fils Du Diable. Pourquoi spécialement Ramirez ?
Nicolas. J’ai toujours été un grand fan de la carrière de Richard Ramirez. Il y a d’abord la dimension diaboliste (et non satanique, les deux termes sont différents). Ramirez sacrifie ses victimes sur l’autel d’une divinité maléfique, c’est complètement archaïque, presque préhistorique, je suis fan. Et en plus de cela, cet individu est une véritable enflure : pas de remords, une rage incontrôlable, des pulsions de mort inouïes. C’est un plaisir de relater son parcours.

MI. Le style de ce livre est très cru et les descriptions très graphiques, volonté délibérée pour coller à l’ambiance ?
Nicolas. Je voulais retrouver le côté porno/gore des romans de gare de Fleuve Noir dans les années 90. Pour moi, c’est la seule description valable pour relater des meurtres de cette nature. Et l’important pour moi c’est de rester réaliste dans les descriptions de meurtres. C’est pas du Maxime Chattam, bordel ! Un bouquin sur Ramirez, après lecture, ça doit te laisser l’odeur de la viande sur les doigts. Le pire truc, c’est de pondre un récit bien chiant, du style enquête policière à la Derrick, avec deux trois suggestions de rapports d’autopsie pour faire frémir les fans de NCIS. Ca, c’est pas ma came. Je veux que les pupilles de mes lecteurs se dilatent quand Ramirez sniffe un rail de coke. La clé pour comprendre les tueurs en série, c’est l’immersion.

MI. Ramirez est souvent associé au Hard Rock et au Heavy Metal, à cause de sa passion pour AC/DC et la chanson « Night Prowler » et JUDAS PRIEST, ne penses tu pas que tout ceci puisse nuire à la réputation déjà désastreuse du Heavy Metal auprès de l’opinion publique ?
Nicolas. Je crois que fondamentalement, les vrais fans de Metal se foutent de l’opinion publique. Le Metal flirte avec la mort, dans ses thèmes, dans son iconographie. Ce qui est spécifique aux metalleux français (pareil chez les goths, d’ailleurs), c’est de vouloir à tous prix éviter d’être jugé par le grand public. Alors on nie tout attrait pour le morbide, pour l’horreur, quitte à paraître contradictoire dans ses goûts. Partout ailleurs, je vois des metalleux et des goths avec des tee-shirts de Bundy ou de Dahmer. Il n’y a qu’en France que c’est mal vu d’associer Metal et culture macabre. Alors que les deux ont toujours été indissociables. Par contre, cela ne veut pas dire que le Metal pousse au crime, bien sûr. Et c’est là le fond du truc : est-ce qu’écouter Raining Blood de SLAYER me donne envie de prendre une douche de sang ? Que nenni. Mais ça ferait un bon fond sonore pour un snuff movie colombien.

MI. Ne penses-tu pas que l’attitude médiatique de Ramirez ait pu influencer des artistes comme MARILYN MANSON ?
Nicolas. Manson, clairement non. Il a toujours utilisé des noms de tueurs comme gimmicks pour les membres de son groupe, mais il ne connait rien au sujet. Mais il y a une flopée de groupes qui se sont servis de Ramirez dans leurs lyrics : MACABRE, BRUJERIA…

MI. Quel regard portes-tu sur lui, avec le recul de la parution de ton travail ? Un mélange de fascination/répulsion, ou au contraire un regard totalement neutre d’auteur ?
Nicolas. Il y a un pan chez lui qui me révulse, c’est les viols d’octogénaires. C’est franchement répugnant. Et il m’est moins sympathique que Ted Bundy, qui me fait beaucoup plus sourire. Mais il faut lui accorder un sens certain de la répartie, et un je-m’en-foutiste typiquement californien qui font de lui un personnage charismatique.

MI. Tu es passionné par les Serial Killers. D’où te vient cette attirance pour la face la plus macabre de la nature humaine ?
Nicolas. Les serial killers sont la farce la plus drôle de Dieu, celle qui révèle le plus l’inhérente absurdité de la comédie humaine. Il y a d’un côté ce trou noir d’énergie destructrice, associée à une volonté de puissance, un instinct primal de survie, ne serait-ce qu’au détriment de toute autre vie humaine. La présence des tueurs en série en toile de fond de ce début de millénaire désastreux ne fait qu’enrichir le casting bien corsé de cette bouffonnerie cosmique.

MI. Ne penses-tu pas qu’ils sont un aspect exclusif de la culture américaine, grande fan de croquemitaines en tout genre ? Que penser alors d’Emile Louis ou Thierry Paulin en France ou de Andreï Romanovitch Tchikatilo en Russie ?
Nicolas. En France, les serial killers médiatisés sont presque tous des cas sociaux. Il y en a d’autres dont on parle moins, mais vu que la presse et le public français n’aiment que la misère (NDI : Ca c’est totalement vrai, il n’y a qu’à voir des émissions comme «Confessions Intimes » ou « C’est quoi l’Amour » sur TF1 pour s’en rendre compte…), on braque les projecteurs sur Emile Louis et Fourniret, alors que d’un autre côté on a eu l’éventreur du Sud-Ouest, le tueur de l’Oise et quelques autres plus glorieux. Par contre, les russes sont plus intéressants. Ils ont un côté roots qui n’est pas sans leur donner un certain cachet. Ils font dans le brutal, c’est assez plaisant.

MI. Nous en venons donc à ton dernier bouquin, « JE TUE DONC JE SUIS : Ecrits et Dessins de Serial Killers ». Comment est née l’idée de ce livre, est ce parce que, comme eux, tu te livres à travers différents arts ?
Nicolas. L’idée est surtout de présenter pour la première fois en France des histoires de crimes racontées par ceux qui en sont les auteurs, donc ceux qui sont plus à même de relater une version fidèle des faits. J’ai toujours eu cette obsession de connaitre tous les moindres détails des crimes les plus sordides. Etant donné que les snuff movies n’existent pas, le seul moyen d’approcher de la vérité est de se fier aux confessions intimes des tueurs en série. Ca m’a pris plusieurs années pour rassembler tous ces documents. J’ai aussi trouvé ce saint Graal en m’adressant directement aux tueurs, par le biais de la correspondance. Certains se sont livrés, d’autres pas. Pour illustrer ces méfaits divers et variés, j’ai trouvé de bon goût d’illustrer ces horreurs par les photos, dessins et tableaux que certains serial killers m’envoyaient. Des fois, un dessin vaut mieux qu’un long discours.

MI. Racontes nous un peu le parcours du combattant auquel tu as du te livrer pour pouvoir correspondre avec eux ?
Nicolas. Le plus dur n’était pas de trouver les adresses. Celles-ci s’échangent entre collectionneurs. Le plus dur, c’est d’obtenir une réponse. La plupart des détenus que j’ai contactés ont besoin de recevoir ce courrier, ça brise la monotonie de la vie en cellule. Mais vu que j’écrivais de France, il leur fallait dépenser plus de timbres, et certains ne peuvent pas se le permettre. Et quelque fois, la censure de la prison saisit des lettres. Quand j’échangeais avec une détenue américaine célèbre des conseils pour fabriquer des bombes artisanales, le personnel pénitencier n’appréciait pas cet humour.

MI. Comment as-tu réagi à la lecture de certains écrits, comme la lettre d’Albert FISH à la mère d’une de ses petites victimes, ou la description atroce du calvaire de 48h d’une de ses victimes par David GORE ?
Nicolas. La lettre d’Albert Fish est assez connue, et fait partie de ces mythes qui se fondent autour des serial killers. Mais il est vrai qu’elle est assez corsée. Les lettres de David Allan Gore sont quand à elles clairement pornographiques. C’est l’exemple parfait du sadique sexuel qui revit ses crimes en les décrivant par le détail. La plupart des gens qui les lisent pour la première fois sont choqués, d’autant plus que ce qu’il raconte est vraiment arrivé. Ce que je trouve intéressant, c’est que les séries à la con de TF1 sur les profilers, et toutes ces conneries commerciales qui aseptisent ce sujet, ne préparent absolument pas le lecteur à l’atrocité d’un meurtre, tel qu’il est décrit par David Gore. Les lyrics de Cannibal Corpse période Chris Barnes, American Psycho de Brett Easton Ellis, les pires films gore de Ruggero Deodato, tout cela ressemble à du Walt Disney comparé aux calvaires décrits par un assassin aussi explicite que Gore. Ca s’adresse à un publique très averti, j’en suis conscient. D’ailleurs, les boss de Camion Noir ont longtemps hésité avant de faire paraître le livre.

MI. Te sens tu proche parfois de certains d’entre eux, au niveau notamment de leur rejet de la société et de leur attitude franche face à l’hypocrisie d’une morale judéo chrétienne obsolète ?
Nicolas. Il faut être clair : la très grande majorité des assassins multirécidivistes n’ont pas l’intelligence et la culture nécessaire pour inscrire leur démarche dans une philosophie misanthrope ou nihiliste. La seule exception est Ian Brady, tueur anglais dont je suis en train de traduire l’ouvrage de philosophie anti humaniste The Gates of Janus. Ce qui m’intéresse beaucoup plus, et je le dis dans le livre, c’est le grand spectacle de la mort, dans ce qu’elle a de plus hideux.

MI. Ne crois tu pas que la société américaine stigmatise ses propres excès au travers du comportement criminel d’une infime partie de ses citoyens ?
Nicolas. On a les tueurs que l’on mérite. Aux Etats Unis, les nerds se vengent en shootant leurs petits camarades de classe. Mais tu peux parier qu’il se passerait la même chose ici si on avait 200 ans de culture des armes à feu derrière nous.

MI. Si Nicolas CASTELAUX était un serial killer, qui serait il, existant ou fictif ?
Nicolas. Un mix entre Dexter Morgan et Charles Bronson dans Death Wish.

MI. Un dernier mot pour les lecteurs de Metal-Impact ?
Nicolas. AMSG.


Ajouté :  Mercredi 26 Mai 2010
Intervieweur :  Mortne2001

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