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MESHUGGAH (se) - Chaosphere (2012)








Label : Nuclear Blast Records
Sortie du Scud : 10 novembre 1998
Pays : Suède
Genre : Néo Death Metal
Type : Album
Playtime : 8 Titres - 47 Mins





Quel que soit le domaine artistique, il y a les créateurs et les suiveurs. Les intrépides et les timorés. Les génies et les faiseurs. Ainsi soit-il.
On pourrait gloser sur la filiation musicale Mozart/Beethoven, qui fut sans doute la première preuve de l’influence de l’un sur l’autre, et l’invention de la copie carbone – pour ne pas dire plagiat – par un compositeur aussi inspiré qu’admiratif de son juvénile maître.
Sans tomber dans l’exégèse de puriste, et partir en vrille dans des questions de droit, notre musique favorite fut aussi propice à ce genre de dérivations. Deux écoles se dessinent. Celle dite de la généralisation, érigeant au titre de précurseurs une poignée de groupes qui ont déterminé le destin de milliers d’autres. Tout comme les esthètes de la cinémathèque qui considèrent que l’œuvre cinématographique mondiale de qualité et d’importance s’arrête avec les premiers travaux d’Orson Welles et d’Eric Von Stroheim, les puristes du Hard-Rock ne citent que LED ZEPPELIN, DEEP PURPLE, CACTUS et BLACK SABBATH. Le reste n’étant que le proverbial déluge annoncé.
Celle dite de la spécialisation est un peu plus pointue. Les analystes décomposent un mouvement général en sous divisions, et accordent la paternité de celles ci à un ou deux éléments. Hard-Rock, Heavy Metal, Speed Metal, Black Metal, Thrash Metal, Death Metal, Glam, Hard FM, liste non exhaustive et extensible à l’envi. Si la liberté de mouvement et de considération semble plus large, la catégorisation dans son sens le plus littéral exige un cloisonnement certain, et une étiquette obligatoire. Niveau administratif, la stratégie est la plus pratique, mais sur le terrain de la créativité, la bride semble un peu trop serrée.
Car une variable peut s’introduire à tout moment dans la logique.
Celle de la classification impossible.

MESHUGGAH (traduction Yiddish du mot « fou ») échappe depuis sa création à toute catégorisation. Electron libre comme beaucoup de ses confrères nordiques, le groupe de Jens Kidman et Fredrik Thordendal a tracé sa route comme on illustre une fonction complexe sur un repère orthonormé. Après un premier effort, Contradictions Collapse, encore un peu timide mais déjà annonciateur des structures alambiquées à venir, et un Destroy, Erase, Improve beaucoup plus mature et décomplexé, le quintette (mais seulement deux compositeurs principaux, Thordendal et le guitariste rythmique Mårten Hagström, pour un seul auteur, le batteur Tomas Haake) lâche une bombe sur la planète Metal en 1998, née de la scission atomique entre des particules de Techno Death et des atomes de Free-Jazz, l’indescriptible Chaosphere.
La technique au service de l’interprétation sauvage, on connaissait déjà. Les divers préceptes du « genre » avaient déjà été dispensés par des formations aussi diverses que CORONER, WATCHTOWER, DEATH, MEKONG DELTA ou ATHEIST. La théorie était parfois bancale et penchait dangereusement d’un côté ou de l’autre, mais tout semblait avoir été dit.
Mais avec ses méthodes de composition inédites (le principal auteur greffe ses lignes de guitare sur une boite à rythme, triture les sons, altère les textures pour obtenir un résultat satisfaisant), ses huit cordes downtunées et ses patterns rythmiques flirtant parfois avec le non-sens global (l’équilibriste Haake aime à mélanger les mesures en 4/4 et 23/16. Binaire sur le charleston et syncope sur la grosse caisse/caisse claire), MESHUGGAH a changé la donne et ouvert des perspectives incroyables au niveau de la liberté de ton.

Grave, MESHUGGAH l’est. Versatile aussi. Inclassable indéniablement. Mais même avec tous ces paramètres en tête, je persiste à dire que rien ne nous préparait à l’époque au choc frontal que fut Chaosphere. Son écoute était comme une appréhension subite d’une réalité sous jacente dissimulée pendant des années au fond de notre subconscient. Car son concept jouait sur plusieurs niveaux. Le réel (la perception immédiate, l’environnement direct, les sentiments de base), l’abstrait (la divination indirecte, l’onirisme, une réalité parallèle), et la prise de conscience (la métaphysique, la juxtaposition entre le ressenti et la mémoire).
Musicalement, même constat. La franchise des riffs, extrêmement puissants et directs, entrait sans cesse en collision avec le caractère instable des rythmiques. Créant de fait une déchirure nous plaçant constamment en porte à faux, tel un déséquilibre du à une altération de l’oreille interne. Les injonctions vocales incessantes de Jens, lancées à la cantonade dans un formidable écho assourdissant, achevaient d’accomplir un rituel d’opacification totale.

Ainsi, le titre d’ouverture et cri primal essentiel « Concatenation » tenait vraiment d’une énorme déflagration interne, secouant nos corps de soubresauts incontrôlables et épileptiques. Dotés d’un son gigantesque, mat, blanc, froid et occupant chaque portion de l’espace, les Suédois placèrent la barre si haut qu’ils incarnaient soudain une Tour de Babel profane et quasi blasphématoire. Les interventions en solo de Thordendal, puisant autant à la source des chromatismes cliniques du Free-Jazz que dans les délires désincarnés de Frank Zappa trouvaient là un écrin fabuleux, garant de leur éclat poli à grands coups d’inspiration. D’outsider de la logique, MESHUGGAH devenait leader des théories déviantes, et chassait FEAR FACTORY de son trône en Metal digital par sa témérité d’interprétation.
« New Millennium Cyanide Christ », qui connut les honneurs d’une vidéo, ne faisait qu’enfoncer le clou dans le cercueil de la convenance.
Et si l’on considère l’emprunt comme forme indéniable et indirectement respectueuse d’hommage, il convient de préciser que les membres de TOOL – chantres du no-Metal arty – se sont inspirés des suédois après avoir tourné avec eux à deux reprises. Et si le maître cite l’élève, c’est bien que la leçon s’est inversée.

Il serait pourtant vain de croire que MESHGGAH se complait à signer ses morceaux d’une écriture rythmique volontairement absconse. Comme le précise Mårten Hagström, le groupe se contente de baser ses structures sur un 4/4 traditionnel, qu’ils déforment à loisir pour donner une impression déroutante à l’auditeur. Rien de déterminé donc, foin de calcul savant. Il s’agit juste d’une envie irrépressible de faire les choses à leur manière, d’inverser les variables pour en observer les conséquences.
J’ai toujours vu en MESHUGGAH le pendant hyperbolique de NEUROSIS. Même credo ultime, même goût pour la succession de plans durs, seule la vitesse d’exécution change.
Comme le prouve le final emphatique « Elastic », et ses quinze minutes de délire sonore, MESHUGGAH aime l’expérimentation, c’est même son carburant essentiel. Et quel meilleur terme pour décrire leur philosophie ?
Un cadre rigide pour une exécution élastique, belle métaphore.

Avec Chaosphere, on ne peut plus parler de « chansons » stricto sensu. Mais j’avoue que le terme « morceaux » convient parfaitement. De part le fait que chaque segment soit la partie d’un tout, qui parait assemblé au préalable, puis découpé en parts inégales. C’est ici la force du groupe, qui sait rester compact et concis, et évite comme la peste les démonstrations étalées qui ne sont que bavardages inutiles. L’ultra violence n’est jamais plus efficace que lorsqu’elle est ciblée, concentrée, pensée. Si certains ont voulu voir dans le groupe une illustration parfaite de la cacophonie la plus insupportable, ils en sont pour leur frais. Tout est ici à sa place, justifié, démontré.
Nothing, Catch 33, obZen. Autant de preuves supplémentaires de la spécificité de MESSHUGAH. Autant de pierres à l’édifice. Et si vous aimez les images, imaginez-vous une rencontre improbable entre la liberté de ton de CAPTAIN BEEFHEART, la froideur de CABARET VOLTAIRE, le cyber-psyché de FEAR FACTORY, la folie faussement improvisée de Cecil TAYLOR, et la caution rythmique d’ATHEIST. Le tout, sévèrement parfumé au Techno-Death de MORBID ANGEL, et empruntant à l’imagerie new-tech de NOCTURNUS. La formule paraît difficile je le conçois.
C’est pourtant ce qui est le plus proche de la réalité.

Mais les cas d’école sont uniques. Comme les vrais créateurs et les génies.



Ajouté :  Mercredi 28 Mars 2012
Chroniqueur :  Mortne2001
Score :
Lien en relation:  Meshuggah Website
Hits: 5708
  
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